26/06/2008

Joyeux anniversaire

Un joyeux centenaire à un camarade socialiste authentique

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15/04/2007

Internationalisme par Ioan Armando Crufe

"Au moment où certains socialistes se proposent de faire une alliance avec le centre, c'est-à-dire la droite, au moment où les repères, avec les dires de notre candidate, semblent brouillés, il est bon de reprendre les "fondamentaux" qui ont fait la force de la notre Parti et de la Gauche.

Le collectif intitulé Boca Junior, c'est moins prétentieux que les Gracques ou que Michel Rocard, se propose chaque semaine d'évoquer un thème propre aux socialistes ou à la politique de manière générale et de lui donner sa définition tout en respectant l'identite de notre mouvement vieux de plus d'un siècle. Car après tout si l'identité nationale semble en danger pour certains socialistes, l'identité socialiste l'est encore plus..."


medium_Intersocialiste.jpgL’internationalisme est une valeur consubstantielle du socialisme. Chaque socialiste se doit d’être un internationaliste, la réflexion d’un socialiste ne peut se limiter à des considérations locales telles que « vais-je encore être élu dans ma circonscription électorale ? » ou « si je suis militant socialiste pourrais-je avoir une place plus facilement comme employé municipal ? ». Etre socialiste c’est penser à la fois de manière « globale » et « locale ». Le Monde est spontanément le « terrain de jeu » des socialistes, la compréhension des enjeux internationaux devrait être à l’ordre du jour de toutes les réunions de section. Le dépassement du nationalisme, source de bien des maux, ne pourra se faire que par l’internationalisme. 

La raison de cet attachement des socialistes à cette valeur en est bien évidement historique. Le mouvement ouvrier, même après ses multiples scissions à partir du milieu du 19ème siècle, s’est toujours réclamé de l’Internationale, au moins dans la symbolique. Ainsi les socialistes français se reconnaissent encore dans l’Internationale puisque le PS est membre de la II° Internationale fondée en 1889.

Mais à quoi servait cette Internationale ? Deux raisons viennent spontanément à l’esprit pour expliquer sa création[1]. Premièrement les socialistes (au sens large du terme) ont immédiatement pensés que pour arriver à renverser le système capitaliste, il convenait de regrouper l’ensemble des forces des différents mouvements ouvriers d’Europe, voire du Monde, afin d’avoir une réflexion commune, puis une action collective. Deuxièmement, les socialistes de l’époque savaient bien que le capitalisme comme système économique à prétention totalisante avait vocation à s’étendre à l’ensemble de la planète et qu’il fallait donc un contre-pouvoir de la même dimension.

A quoi sert actuellement cette Internationale ? Spontanément il ne me vient qu’une idée : à rien.

Actuellement la II° Internationale n’est plus qu’un « machin » qui ne sert au PS français qu’à donner un travail symbolique à un ancien Premier Ministre qui n’a absolument pas développé cette Internationale. Les socialistes français ne conçoivent absolument pas leur réflexion dans un cadre International, les seuls exemples qu’ils veulent bien prendre proviennent toutes du fameux modèle « scandinave » sorte d’Ikea de la pensée intellectuelle des socialistes français.

A décharge, cette Internationale ne donne pas spontanément envie que l’on s’y intéresse, personne ne connaît son (ses) responsable(s), elle est composée de socialistes bien éloignés de l’idéal historique, anti-capitaliste et humaniste[2] des Pères fondateurs du Socialisme.

A quoi pourrait servir l’Internationale Socialiste ? Au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi proche des prophéties des Pères fondateurs socialistes, en ce sens que ce modèle devient très clairement universellement dominant, il serait bon de relancer cet idéal. Afin de comprendre ce fameux « retournement du monde »[3] s’opérant depuis une trentaine d’années mais très visible depuis la chute du Mur de Berlin, il serait enfin urgent que les socialistes de tous les pays aient une réponse à la hauteur des enjeux induits par la Mondialisation. Enfin, au moment où même des socialistes se réfugient dans les « draps » soi-disant protecteur de la Nation[4], il serait bon de se souvenir que l’un des « fondamentaux » de notre identité est : l’Internationalisme.



[1] Pour une compréhension plus fine de ses deux raisons dans la création d’une Internationale Socialiste, il est important de bien comprendre l’influence des socialistes anarchistes que sont Proudhon et Bakounine au milieu du 19° siècle (Cf Histoire des idées politiques, Marcel Prélot et Georges Lescuyer, Précis Dalloz)

[2] Cf en ce sens la présence du Parti Travailliste britannique mais également le Parti Travailliste israélien, ainsi que la présence de personnalités connues pour le respect des Droits de l’Homme comme Laurent Gbabo par exemple.

[3] Cette formule est empruntée à Marie-Claude Smouts et Bertrand Badie, le retournement du monde - sociologie de la scène internationale, ed. Presse de la Fondation Nationale des Sciences Politiques et Dalloz, 1992. 

[4] Dans la prochaine rubrique j’aborderai le terme très difficile de la « nation ».