15/04/2007

Ensemble, oui c’est vrai, tout devient possible

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26/02/2007

Le discours de Laurent Fabius au Grand-Quevilly

medium_fabiusrouen.jpgChers amis, chers camarades,

Je suis heureux d’accueillir en votre nom à tous Ségolène Royal, à laquelle je souhaite bienvenue et succès. Dans moins de 60 jours, le 1er tour de l’élection présidentielle. Le 6 mai, le second tour et un peu plus d’un mois après, les élections législatives. Les Français vont avoir à faire un choix : solidarité ou précarité. Nous sommes réunis pour faire gagner la solidarité, c’est-à-dire pour faire gagner la gauche.

Je me trouvais ces derniers jours et jusqu’à hier soir aux confins du Tchad et du Darfour, cette région martyre du Soudan, grande comme la France, 6 millions de personnes, dont, en 4 ans, plus de la moitié de « déplacées » et près de 300 000 massacrées. Kofi Annan a dit du Darfour que c’était « l’enfer sur terre ». Et c’est vrai que, avec François ZIMERAY, nous avons vu là-bas l’enfer, les femmes et les enfants violés, les populations sans eau par 45° de chaleur, les personnels humanitaires pourchassés, les villages brulés, le chaos inhumain des conflits tribaux, raciaux, pétroliers, avec jusqu’ici l’impuissance coupable de la communauté internationale. Le Président du Soudan, el Bechir, premier responsable de ce crime quotidien contre l’humanité, est un Président massacreur. Il faut que les chefs d’Etat et de gouvernement, ceux, d’Amérique, d’Afrique, d’Europe et de Chine, soient poussés, j’allais dire forcés, par l’opinion publique à faire cesser là-bas et l’horreur et le crime. C’est pourquoi le Darfour, comme plus généralement l’Afrique, comme les grands enjeux mondiaux, ne peuvent pas être tenus à l’écart de la campagne présidentielle. Oui, nous devons plaider à terme pour un droit d’ingérence humanitaire, conquête nécessaire du XXIème siècle. Oui, dans l’immédiat, nous devons exiger l’intervention effective des Nations Unies. Oui, si les Français portent notre candidate à la magistrature suprême, que l’une de nos premières mobilisations soit pour l’Afrique, les oubliés d’Afrique, en particulier ceux du Darfour car une des missions de la France est d’être l’espoir des sans espoirs et la voix de tous les sans voix.

Les données de base de l’élection sont simples. Face à nous, M. Sarkozy, qu’il serait plus clair d’appeler M. Supercherie. Supercherie : il prétend tout changer en positif dans les 5 prochaines années, mais c’est lui qui vient de gouverner en négatif dans les 5 dernières. Supercherie : il jure dans un premier discours adressé aux enseignants, aux parents, aux jeunes, d’améliorer l’éducation nationale, mais c’est lui qui prévoit dans un second discours de ne pas remplacer un professeur partant à la retraite sur deux. Supercherie : il s’engage globalement à réduire les déficits et l’endettement qu’il a lui-même creusés mais c’est lui qui multiplie par paquets les dépenses et les promesses de cadeaux fiscaux en général aux plus nantis. Comme l’écrit un hebdomadaire, « ce n’est plus un candidat, c’est un chargé de clientèles ». Une sorte de réplique de M. Chirac en pantalons courts, avec en moins l’attachement pour la laïcité républicaine et l’engouement pour la politique extérieure de M. Bush en plus. Le vote clairement anti-Sarkozy, c’est le vote Ségolène Royal.

Face à nous, aussi, la candidature de M. Bayrou, victime médiatique bien connue, qu’il faut aborder de front et non contourner dans je ne sais quel silence gêné. On connaît sa thématique : ni droite, ni gauche. Nous rejetons le sectarisme, mais nous rejetons aussi le confusionnisme. Or, M. Bayrou a toujours gouverné à droite. Au plan local, les notables UDF, que nous voyons dans les collectivités, gouvernent avec l’UMP et contre la gauche. L’UMP, l’UDF, le Front National, veulent d’ailleurs tous la même chose, une défaite de la gauche. Est-ce cela que souhaitent les électeurs, qui se souviennent du 21 avril 2002 ? Bien sûr que non ! Alors, soyons clairs : il n’est pas question de laisser M. Bayrou capter des voix de gauche pour faire finalement gagner la droite.

J’entends dire : « mais le total de la gauche est faible ; comment l’emporter ? ». C’est prendre le problème à l’envers. Car les thèmes de gauche - la justice sociale, l’égalité, la lutte contre les discriminations, la laïcité, le développement durable - n’ont jamais été aussi en phase avec la société et avec les attentes des Français. Les thèmes de droite - CPE, CNE, démantèlement du service public, précarité, communautarisme - sont récusés. Pour convaincre, il faut que la gauche soit elle-même. Il faut que l’unité de la gauche - et des verts - autour de notre candidate et sur ces valeurs se réalise. Nous pouvons avoir entre nous des différences. Mais je l’affirme ici - c’est le sens de cette réunion - pour gagner la mobilisation doit être totale, la volonté d’unité entière.

medium_zenithrouen.jpgDans cette campagne, la Haute Normandie, présidée par notre ami Alain Le Vern, illustre bien les problèmes et les espérances ressentis aujourd’hui partout en France.

Inquiétude sur la baisse du pouvoir d’achat et sur la protection sociale. C’est pourquoi l’engagement précis pris à Villepinte sur la revalorisation des petites retraites a été bien reçu. C’est pourquoi j’ai depuis longtemps souhaité une augmentation rapide et précise du Smic avec allègement des charges pour les PME, ainsi qu’une Conférence destinée à examiner les répercussions sur les autres salaires. C’est pourquoi la sécurité sociale sera défendue par nous, car, comme la retraite, elles sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

Inquiétudes sur le logement. Cette ville de Grand Quevilly compte 72 % de logements sociaux. Ce département de Seine Maritime, sous la présidence de Didier Marie, a créé le premier un système public de « garantie-caution logement ». C’est pourquoi nous n’acceptons pas les leçons de M. Sarkozy sur le logement, dont la ville de Neuilly sur Seine ne respecte même pas la loi SRU et qui y a construit moins de 3 % de logements sociaux. Avec nous, la construction sera relancée, les économies d’énergie encouragées et les financements - car nous sommes sérieux -redistribués. Le logement deviendra une vraie grande cause nationale.

Angoisses surtout pour l’emploi. La liste des délocalisations d’entreprises, des fermetures, des restructurations est interminable. A droite, la solution est d’augmenter le nombre des heures supplémentaires en les exonérant de charges sociales et d’impôt sur le revenu : avec le fameux slogan « travailler plus pour gagner plus ». Mais dire aux chômeurs, aux RMIstes, aux sans emplois, à ceux d’Airbus ou d’Alcatel, que leur problème sera réglé par l’augmentation des heures supplémentaires est évidemment une supercherie. Car, pour qui connaît tant soi peu le fonctionnement des entreprises, ce n’est pas aux salariés mais à l’employeur qu’appartient la décision d’augmenter ou de réduire le nombre des heures supplémentaires. Ensuite, détaxer les heures supplémentaires aboutirait mécaniquement à privilégier celles-ci, moins chères, par rapport aux embauches nouvelles. Enfin, un contingent de 220 heures supplémentaires existe déjà, dont en moyenne seules 55 sont actuellement « consommées », faute de croissance : supprimer tout plafond n’apporterait donc rien. Nous refusons, nous, de vendre de l’illusion. Nous plaçons le social, l’économique, l’écologique - qui peut créer beaucoup d’emplois - au cœur de notre projet car ils sont au cœur des préoccupations des Français. Nous avons été les premiers dans l’Eure avec Jean-Louis Destans à expérimenter toutes les améliorations possibles du RMI pour encourager l’activité. Nous sommes convaincus que c’est autour du triangle investissement, innovation, formation que tout peut redémarrer. Nous proposons d’encourager les créateurs, les artisans, les PME. Nous pratiquerons le volontarisme et non le laissez-faire pour l’emploi.

Cette Région est durement touchée par les délocalisations. Nous les avons dénoncées depuis longtemps ainsi que la mondialisation financière qu’elles traduisent. Certains beaux esprits, pour lesquels personnellement tout va bien, nous ont répondu que nous exagérions. Malheureusement nous avions raison. Alors parlons clair : la droite se contente de subir la mondialisation et même parfois la réclame, plaidant qu’il faut « nous adapter » aux bas salaires, « nous adapter » aux faibles protections sociales, « nous adapter » à la concurrence généralisée, - en réalité nous aligner vers le bas - ; nous proposons nous, une démarche différente, à la fois offensive et défensive. Car nous voulons progresser et protéger. C’est vrai pour ce qui concerne la France, et c’est le sens de la stratégie industrielle volontariste que nous proposons, de l’effort de recherche, de formation, d’innovation qui constituent l’armature de notre projet au même titre que la sécurité sociale professionnelle. C’est vrai à l’échelle de l’Europe et du monde. Ceux qui prétendent que nous allons conserver automatiquement comme par le passé un « avantage comparatif » par rapport à la Chine et à l’Inde parce que nous serons par décret divin technologiquement toujours en avance sur ces géants, ceux-là sont arrogants ou ignorants ou les deux à la fois. Ils se prétendent modernes mais ils ont 20 ans de retard ! Ils n’ont pas mesuré que, pour la première fois dans l’histoire, la population et la technologie se trouveront chez les mêmes. Alors que faire ? Nous aligner par le bas sur ces pays, comme le voudrait la droite : non ! Nous proposons à la fois de réformer notre pays- la Présidence sera une Présidence de réforme -, d’investir et de conquérir dans les secteurs où nous sommes insuffisants - une Présidence de conquête -, et en même temps de nous défendre en exigeant de nos partenaires économiques la réciprocité - une Présidence de protection. Nous ne sommes pas pour le libre échange, mais pour le juste échange. Nous ne sommes pas pour la naïveté, mais pour la réciprocité. Nous ne sommes pas pour la précarité, mais pour la solidarité. C’est le rôle de l’Union européenne d’agir en ce sens. Agir au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce, où les normes sociales et environnementales devront être prises en compte dans les discussions commerciales et pas seulement les tarifs. Agir sur le fonctionnement même de l’Europe, ce grand dessein qui doit être relancé et réorienté, par une autre politique de l’euro et de la Banque centrale - pour en finir avec l’euro cher qui fragilise notre industrie, une autre politique de la concurrence, une politique environnementale qui servent l’Europe et n’ obéissent pas comme aujourd’hui aux seuls dogmes de la finance mondiale. Le discours de Villepinte comportait notamment une belle formule, la France ne « veut pas sortir de l’histoire ». Précisément, nous portons un regard moderne sur le monde et nous proposons un chemin pour que la France et les Français, nos enfants, « ne sortent pas de l’histoire », c’est-à-dire qu’ils aient un avenir. C’est cela que nos concitoyens attendent de l’élection présidentielle : une vision de l’avenir appuyée sur une crédibilité pour le bâtir.

Désormais pour nous, Chère Ségolène, et pour copier Alexandre Dumas, c’est « une pour tous et tous pour une ».

Chers amis, chers camarades, j’ai accueilli plusieurs fois ici François Mitterrand, comme ministre, Premier Ministre, ou simplement comme ami . A chaque fois ce fut le même enthousiasme et la même ferveur. Parce qu’il exprimait en des mots forts les 3 vertus qui font les grands présidents : l’humanité, l’humanité profonde, celle qui nous a décidés un jour à rejoindre l’action politique parce que nous nous sentons d’abord membres de la grande fraternité humaine et que nous voulons changer la vie ; la volonté, la volonté farouche de construire ensemble une France, une Europe et un monde meilleurs ; enfin l’unité, celle de la gauche et celle du peuple, qui est la clé de toutes les victoires. Ton succès, chère Ségolène, notre succès n’est pas une hypothèse, c’est une nécessité pour changer ce qui doit l’être et pour relever le pays. C’est une espérance pour des milliers de femmes et d’hommes, et d’abord les plus humbles. J’en appelle, pour ce succès, au rassemblement des socialistes, au rassemblement de la gauche et de tous ceux qui veulent le changement. Vive la République ! Vive la France !

22/02/2007

Quelque chose est en train de changer par Thomas Colognac

medium_pacte.2.gifEn 2002, la campagne électorale n’a véritablement commencé qu’après le 20 février, date de l’annonce de la candidature de Lionel Jospin.Tout s’est joué en deux mois. Aucun pronostic n’a tenu. Aujourd’hui, chacun sent bien qu’il se passe quelque chose. Que tout commence maintenant.

L’histoire électorale est une leçon de modestie et d’endurance. En 2002, l’entrée en campagne de Jacques Chirac, le 11 février, avait été jugée « ratée ».

Le lendemain, lors du bureau national du PS, chacun avait pu souligner le « manque de souffle » du chef de l’État, moquer la « candidature de trop », constater « l’improvisation ». Jean-Pierre Chevènement était alors présenté par la presse comme le troisième homme, ce qui avait suggéré à l’un de nos dirigeants ce commentaire : « Après avoir fait le plein à gauche, il essaie d’étendre son socle sur l’électorat de droite en espérant l’écroulement de Chirac. » Chacun sait ce qu’il est ensuite advenu.

C’est ainsi, le héros de janvier est rarement président en mai. Pour Chirac et Mitterrand (en 1981), c’est au moment où tout semblait perdu que tout commença vraiment. Ni en 1981, ni en 1995, ni en 2002, le favori de février n’a été élu. Ce n’est pas une règle absolue. Sinon, il suffirait d’attendre le croisement prévisible des courbes d’intentions de vote. Mais cela devrait inciter Nicolas Sarkozy à plus de prudence.

Les médias nous mitraillent de sondages identiques. Jamais il n’y en avait eu autant. Plusieurs par jour. Un déluge de chiffres. La répétition a fini par créer une ambiance. Il ne s’agit pas de les contester, mais ce qu’ils mesurentmal, c’est la formidable disponibilité des électeurs. Les trois quarts des électeurs n’auraient pas encore fait leur choix définitif. Rendez-vous compte ! Et c’est bien ce que ressentent celles et ceux qui tractent sur les marchés. Rien n’est écrit. Tout commence. Au moment même où s’écrivent ces lignes, nous apprenons qu’une première enquête indique une très nette inversion de tendance. Nos concitoyens ne veulent pas être privés du débat qu’ils n’ont pas eu en 2002.

L’affluence dans nos meetings témoigne d’une mobilisation inhabituelle à cette période de la campagne. L’audience réalisée par Ségolène Royal, invitée de l’émission politique de TF1 J’ai une question à vous poser n’a connu aucun précédent. Elle a attiré 8,91 millions de téléspectateurs (avec un pic à 10,6 millions), contre 8,241 millions pour Nicolas Sarkozy deux semaines auparavant. L’émission a enregistré une part d’audience de 37 % contre 33 % pour Nicolas Sarkozy le 5 février. Cela ne veut pas dire qu’elle a gagné, mais signifie indiscutablement qu’elle correspond à une attente.

Pour nombre de Français, Nicolas Sarkozy est le candidat par défaut. Il est le sortant. Il a l’apparence de l’expérience et de la solidité. C’est donc aux autres de prouver qu’ils peuvent proposer une alternative. C’est ce qu’a fait Ségolène Royal à Villepinte en présentant son Pacte présidentiel. Astucieusement, pour phagocyter le débat, la droite a aussitôt intenté un nouveau stratagème : le procès de l’absence de chiffrage… Peu importait la discussion sur le Pacte puisqu’il était d’avance et globalement disqualifié.

La ficelle était grosse, mais elle a fonctionné. Pourtant, même l’Institut de l’entreprise, centre de réflexion patronal, peu suspect de complaisance à notre endroit, établit une comparaison savoureuse. Il chiffre le Pacte présidentiel à 62,6 milliards contre 51 pour le projet de Nicolas Sarkozy. Lorsqu’on se rappelle que Nicolas Sarkozy s’est aussi engagé sur 70 milliards de baisse des impôts… Cela fait un siècle que les mêmes préjugés courent. La gauche ne saurait pas gérer. La droite nous laisse des déficits abyssaux, mais c’est encore elle qui croit pouvoir donner des leçons…

Dans cette campagne, la droite n’assume rien. À l’écouter, elle ne serait responsable de rien. Elle ne serait pas sortante. Elle ne serait peut-être même pas de droite… Sarkozy cite Jaurès et Bayrou veut nommer Delors…

En réalité, c’est une indication. Les candidats de droite, eux aussi, connaissent l’attente du pays. Et ils ne citent pas les lois qu’ils ont votées ensemble. C’est un signe. Oublié Chirac, effacé Raffarin, condamné Villepin…. Alors c’est à nous de ramener la droite à ce qu’elle est. À ses oeuvres. De la démystifier et de la dévoiler. La politique, ce ne sont pas seulement des intentions. Ce sont aussi des actes. Et ils ne plaident pas en faveur de la droite.

Surtout, nous devons populariser le Pacte présidentiel. Si le 19 février Ségolène a conquis une crédibilité nouvelle, c’est parce qu’elle a su lier une vision à des propositions concrètes, là où ses adversaires font le grand écart entre discours compassionnel et projet libéral.

Thomas Colognac

17/02/2007

Ségolène Royal s'engage à augmenter de 10% les crédits pour la recherche et l'innovation

 

 

 

ILLKIRCH-GRAFFENSTADEN, Bas-Rhin (Reuters) - Ségolène Royal a précisé ses propositions  pour la recherche qui devraient, selon elle, représenter un effort budgétaire de 9 à 12 milliards d'euros sur cinq ans.

"Je me suis engagée à augmenter de 10% les crédits pour la recherche et l'innovation. C'est 9 à 12 milliards d'euros sur cinq ans", a affirmé la candidate socialiste à la présidentielle devant 200 jeunes chercheurs réunis à Illkirch-Graffenstaden, une commune de l'agglomération strasbourgeoise.

Accompagnée de Jack Lang et Jean-Pierre Chevènement, deux anciens ministres de l'Education, elle a brossé un sombre tableau d'une recherche et d'une université "paupérisées".

L'effort budgétaire qu'elle propose serait financé par des économies et des redéploiements de crédits, ainsi que par une "réforme de l'Etat" et une chasse aux "gaspillages", a-t-elle expliqué à la presse après son discours.

"Je l'ai fait dans ma région. J'ai fait des économies, j'ai remis à plat des subventions à certaines entreprises qui n'avaient pas de raison d'être et je les ai réinvesties dans la recherche en créant de véritables contrats de travail pour les jeunes doctorants", a précisé la présidente de la région Poitou-Charentes.

Source : Reuters

16/02/2007

Priorité au budget de l'Education et non à celui de la Défense

medium_dunkerque.jpgLa candidate socialiste a dit jeudi soir préférer investir dans l'éducation. Le coût d'un nouveau porte-avions est évalué à deux milliards d'euros selon certaines estimations.  

Quand j'entends le candidat de l'UMP demander la construction d'un deuxième porte-avions, je n'y suis pas favorable", a déclaré Ségolène Royal lors d'un meeting à Dunkerque sur l'éducation qui a rassemblé 8.000 à 9.000 personnes.

"Si la nation est capable de dégager le coût d'un deuxième porte-avions, j'en fais ici le serment, cette marge de manoeuvre supplémentaire, cette valeur là, n'ira pas à la Défense nationale mais ira à l'Education nationale", a-t-elle expliqué sous les applaudissements.

"Je n'engagerai pas la construction d'un deuxième porte-avions car Je considère que cet effort doit se faire dans le cadre de l'émergence d'une défense européenne", a-t-elle dit.

 

Source : Reuters

05/02/2007

Avec Sarkozy, le pire est à venir

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Il a dit : « Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher, (…) Je garderai l'intérim et les contrats de projet (...) mais le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français. » (Rencontre organisée par des patrons de PME, le 24 janvier 2007)

Cette proposition revient à généraliser à tous les salariés le CNE, c’est-à-dire le CPE. C’est un recul social considérable synonyme de précarité, de pression accrue sur les salaires et de généralisation du salarié jetable.

Il a dit : « Je propose que les heures supplémentaires soient exonérées de charges sociales et même d’impôts parce que tout le monde y gagnera. » (Discours de N. Sarkozy à Charleville-Mézières le 18/12/06)

Cette proposition revient à favoriser dans les entreprises les heures supplémentaires plutôt que l’embauche. Ses conséquences sur l’emploi seraient donc catastrophiques et notamment pour les jeunes. À certains on imposerait de travailler plus, quand d’autres ne pourraient pas travailler du tout.

Il a dit : « Lorsqu'il y a un conflit et une grève, dans une entreprise, une université ou une administration, la loi doit prévoir que, dans les huit jours, soit organisé un vote à bulletins secrets pour en finir avec la dictature de certaines minorités. » (Université d’été du Medef, Jouy-en-Josas le 31/08/06)

Il s’agit d’une remise en cause du droit grève, qui appartient à chaque salarié. C’est aussi une aberration, puisque les salariés non-grévistes minoritaires seraient obligés de cesser le travail.

Il a dit : « Il faut instaurer une franchise par famille, et pas par individu, sur les premiers euros de dépenses annuelles en consultations médicales ou en examens biologiques. » (Le Monde du 23/01/07)

Depuis la réforme Douste Blazy de 2004, les assurés sociaux paient un euro pour chaque consultation en plus du forfait hospitalier et du ticket modérateur. 13 % de la population renoncent ainsi à se soigner pour des raisons financières. Nicolas Sarkozy va plus loin en généralisant le nonremboursement des soins. Avec le Président de l’UMP, la carte bleue se substituerait à la carte vitale !

Il a dit : « Si on réduit de 4 points nos prélèvements obligatoires, on rend 68 milliards d’euros aux Français ». (Le Monde du 23/01/07)

La dette cumulée a progressé de 10 % en moins de 5 ans. Elle est passée de 58 % à 65 % de la richesse nationale. Aggraver la dette aboutirait à réduire encore nos marges de manœuvre budgétaires et à sacrifier les services publics (Éducation, Santé…) déjà mis à mal par les baisses d’impôts accordées aux plus favorisés.

Il a dit : « Je crois à un bouclier fiscal à 50 % intégrant la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). » (Le Monde du 23/01/07)

Cette proposition conduirait à supprimer l’impôt sur la fortune. Les seuls bénéficiaires seraient quelques milliers de Françaises et de Français très fortunés.

Il a dit : « Je fais mien l’objectif de ne pas remplacer le départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux. » (Le Monde du 23/01/07)

Il s’agit d’une nouvelle mise en cause des agents publics et des services publics. Sur 5 ans, près de 250 000 postes de fonctionnaires seraient supprimés (dont la moitié dans l’Éducation Nationale).

Il a dit : « Je veux en outre que 95 % des Français soient exonérés des droits de succession. » (Le Monde du 23/01/07)

Aujourd’hui, 75 % des successions sont exonérées. Aller jusqu’à 95 % constiturait un nouveau cadeau aux plus riches. Ce serait finalement le triomphe de la rente sur le travail et les valeurs de l’effort qu’il prétend défendre.