18/11/2007

Pour une politique de la décroissance

43cf792b9c782c48804b25e0d5857a81.jpgEst-il aujourd'hui un seul homme politique qui ne voit dans la croissance économique un objectif politique à part entière, un seul candidat qui ne l'intègre dans son programme de campagne ? Rares sont ceux qui osent en douter, de peur peut-être de s'attirer le courroux de cette divine croissance, ou simplement de susciter l'incompréhension d'électeurs bercés par la ronronnante litanie qui en vante sans cesse les bienfaits.

Certains osent toutefois le blasphème, questionnant, critiquant, réfutant même l'idée insensée d'une croissance infinie. Cet ouvrage rassemble les contributions de ces militants politiques, chercheurs et intellectuels de gauche qui ne se satisfont pas du développement économique actuel, et en formulent une critique radicale. Il est frappant de voir ce foisonnement de courants critiques à l'égard de la croissance, même si l'on peut regretter que cette critique ne soit le fait que de partis groupusculaires, ou de courants minoritaires au sein de partis de gouvernement.

De l'aile gauche du PS au PC en passant par les Verts, du jeune Parti pour la Décroissance aux Alternatifs Rouges et Verts, leurs propos se répondent, s'opposent et se complètent. A travers cette compilation de textes, ce tour d'horizon - qui ne prétend pas être exhaustif - de la critique de la croissance à gauche, transparaît la dynamique actuelle de critique de la croissance économique. Les lignes de fractures idéologiques ou stratégiques entre les différents courants en présence sont mises en lumières, leurs points de rapprochement aussi...

Titre : Pour une politique de la décroissance
Auteur : Paul Ariès
Paru le : 01/10/2007
Editeur : GOLIAS (EDITIONS)
Isbn : 978-2-354-72006-3

Prix : 12 € 

29/06/2007

Citations tirées du livre de Claude Bartolone :"l'élection imperdable"

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La présentation de ces citations ne se veut aucunent être un résumé ou une fiche de lecture qui permettraient de saisir le totalité de l'analyse de Claude Bartolone sur la défaite du 6 mai. Elles ont simplement pour but de donner envie d'en savoir plus par la lecture de son livre « Une élection imperdable » publié aux Editions l'Archipel.

L'ouvrage est structuré en deux parties : « Pourquoi la défaite ? » et « Comment reconstruire ? ».

Les citations qui suivent ne concernent que la première partie. Dans la deuxième, Claude Bartolone indique plusieurs pistes pour la refondation du parti socialiste sur son organisation, son idéologie et son programme. Nul doute que les idées et arguments qui y sont présentés participeront du débat qui est devant nous.


[...] à force de « trianguler », on brouille les repères et un adversaire qui s'assume comme un candidat de droite sort renforcé de cette non-confrontation. (p.33)

[...] lui était en campagne, alors que nous, nous étions en « démocratie participative ». (p.35)

Le soir du résultat, elle [Ségolène Royal] a prononcé une phrase qui m'a vraiment surpris. Elle a affirmé que sa désignation avait été trop tardive et qu'elle n'avait pas eu le temps de se préparer. Ce n'est pas ainsi que l'on doit raisonner. Lorsqu'on veut être désigné, on doit être totalement préparé. La désignation ne vaut pas préparation. C'est parce qu'on est préparé qu'on doit être désigné. (p.39)

Au bout du compte, ils [les électeurs] élisent celle ou celui qui est taillé pour le job, même s'il est moins sympathique. Cette phrase contient une des raisons de notre échec. (p.40)

[...] le grand meeting de Villepinte est arrivé très tard, le 11 février. Pendant tout le mois de janvier, il n'y a pas eu un seul moment où l'on ait vu tous les socialistes ensemble. (p.46)

J'ai souvent entendu les conseillers de Ségolène Royal lui répéter que s'afficher avec les autres responsables du parti la « plombait ». (p.48)

Il fallait d'abord passer par les deux figures imposées du rassemblement des socialistes et de la présentation aux militants du projet de la candidate. Avec cette forme de démocratie participative, conçue comme l'alpha et l'oméga de notre campagne, nous donnions l'image de politiques à la recherche de solutions, alors que notre rôle était plutôt de soumettre des propositions, fruits de notre réflexion et de l'analyse de nos échecs. (p.51)

D'ailleurs, si la démocratie participative avait été cruciale, l'idée d'une alliance avec François Bayrou entre les deux tours aurait été soumise aux militants du parti ! Avec le recul, c'est un concept qui relevait davantage d'une entreprise marketing, où l'on donne la parole à l'électeur-consommateur, plutôt que d'une démarche réellement assumée d'éducation politique et de collégialité. (p.52-53)

Cette expression incroyable, « les éléphants », qui nous a tellement affaiblis, est très parlante. [...] Ne pas utiliser Stauss-Kahn sur l'économie, Fabius sur l'Europe et l'international, Védrine sur le Proche-Orient, quand on n'est pas soi-même un as dans ces domaines, c'est une faute lourde ! (p.54)

C'est elle [Ségolène Royal] qui tranchait, elle qui imposait. (p.61)

Tout remontait à Ségolène Royal qui, se voulant réactive jusqu'au bout, désorganisait tout le système en ne donnant pas de réponse, pour se préserver la possibilité de décider à la dernière minute. (p.63)

Ségolène Royal attendait de Strauss-Kahn, Fabius, Delanoë ou Aubry qu'ils chantent ses louanges. (p.68)

C'est bien l'absence de lisibilité politique de la candidate sur les grands enjeux économiques et sociaux, conjuguée à une propension à se « centriser » (entre-deux tours) voire à se « droitiser » (autorité, sécurité et drapeau) en faisant campagne sur les thèmes de son adversaire qui explique le mieux cette déroute. [...] Nous étions à côté de ce qui aurait dû être l'axe de la campagne : la problématique sociale. (p.84)

Dans une campagne où le temps accordé par les médias est compté, dès qu'on dit « drapeau », on ne parle pas d'emploi, on ne parle pas de temps de travail, on ne parle pas de solidarité active... Ce sont ces épisodes qui ont donné un côté zapping et désaxé à sa campagne, et qui l'ont empêchée de contrecarrer l'accusation de manquer de crédibilité. (p.88)

Ségolène Royal, elle, s'est retrouvée seule à assumer son procès en incompétence. Tous ceux qui auraient pu lui garantir une crédibilité étaient tenus à l'écart de sa campagne. (p.92)

C'est sa campagne qui a plombé la candidate, pas le projet socialiste. (p.97)

Il ne fallait pas tenter de diaboliser Sarkozy dans la précipitation. Il aurait fallu en faire notre adversaire au fil du temps et dire quel danger il représentait à nos yeux. (p.100)

[A propos de l'entre-deux tours] Le parti centriste devenait subitement fréquentable ! Cela me semblait être un mauvais calcul. Le mien était que la partie de notre électorat qui avait voté Bayrou au premier tour voterait mécaniquement Royal au second. Pour l'emporter, il fallait à la fois garder tous ces électeurs de gauche, au sens large, qui avaient voté Ségolène Royal au premier tour par crainte d'un nouveau 21 avril, rassembler les électeurs qui avaient accordé leur confiance aux autres candidats de gauche et séduire un bon tiers de l'électorat plus traditionnel de l'UDF. C'était possible dans le cadre d'un rassemblement normal, sur la base du pacte présidentiel. De là à envisager de nommer François Bayrou Premier ministre... C'était une faute qui pouvait nous coûter cher. (p.106)

Il fallait mettre François Bayrou au pied du mur en lui disant : « Vous avez dit beaucoup de choses durant la campagne... A présent, il y a deux projets. Lequel éliminez-vous ? (p.107)

Ce qui est sûr, c'est que Ségolène Royal n'était pas prête à affronter l'épreuve de la présidentielle. On ne pouvait gagner que si le candidat, par sa personnalité, sa compétence, son projet, avait répondu à l'immense attente sociale du pays. (p.111).

A force de considérer nos défaites comme des victoires, on se prépare d'autres complètes dégelées. N'oublions pas que la seule fois où nous avons réussi à battre un candidat sortant, il nous a fallu cinq éléments extraordinaires. Le premier, un homme d'Etat de la dimension de François Mitterrand. Le deuxième, la force du symbole que représentait le Programme commun de la gauche. Le troisième, une situation économique indédite : le doublement du chômage suite au choc pétrolier. Le quatrième, les diamants de Bokassa. Et le cinquième, la trahison de Giscard par Chirac. Sans oublier – mais ça ne va pas faire plaisir à Nicolas sarkozy ! – l'empreinte laissée par Mai 68. Nous ne pouvons pas compter sur la seule usure du pouvoir. La prochaine fois, un slogan comme « Sarko facho » ne suffira pas. Nous aurons en face de nous un candidat patiné par cinq ans de présidence et de présence sur la scène internationale. Les deux moteurs dont nous disposions pour cette élection, le traumatisme du 21 avril et la sarkophobie, n'existeront plus dans cinq ans. (p.115)

En espérant que ces extraits vous auront donné envie de lire en entier le livre de Claude Bartolone disponible dans toutes les librairies au prix raisonnable de 14,95 €.

21/06/2007

Une élection imperdable de Claude Bartolone

fcd62f7e0f896363fd5b43ff53cd7b07.jpgClaude Bartolone publie le 27 juin un livre intitulé "Une élection imperdable". Ci-dessous quelques extraits de l'entretien qu'il a donné à RTL pour présenter cet ouvrage.

"C'est le récit d'une campagne qui ne s'est pas assez reposée sur les fondamentaux économiques et sociaux."

"Nous n'avons pas tenu compte du besoin dans la société française d'une autre politique économique et sociale."

"Nous n'avons pas assumé, assez, un projet alternatif."

Ecouter l'entretien complet 

07/05/2007

Eloge de la désobéissance civile

medium_anv142.jpgL’excellente revue trimestrielle Alternatives non-violentes s’intérresse dans sa dernière livraison (n°142) à présenter de manière détaillée un mode d’action, la désobéissance civile, qui ne sera peut-être pas inutile face au pouvoir sarkozyste. Le n° 141, toujours disponible, s'intitule "Banlieues, un défi pour la non-violence, témoignages et analyses". 

Au sommaire

- Comment John Rawls justifie-t-il la désobéissance civile ?, B. QUELQUEJEU
- Vous avez dit « désobéisseur » ?, Jean-Marie MULLER
- La désobéissance civile, une radicalité constructive, Alain REFALO

- Stratégie de la désobéissance civile, Jean-Marie MULLER

- En France, des actions en recrudescence, mais un débat encore timide, Alain REFALO

- Désobéissance civile ou civique ?, Alain REFALO

- Comment un avocat considère-t-il la désobéissance civile ? Entretien avec François ROUX

- Sept déboulonneurs de pub plaident la désobéissance civile, F. VAILLANT

- Faucheurs volontaires et désobéissance civile, Anna MASSINA

- « Nous les prenons sous notre protection » Regards croisés sur RESF
, M. PELOUX, C. TOURIER, N. TENENBAUM ET G. GAMBLIN
- Bibliographie sur la désobéissance civile

Pour commander le n° au prix de 14€  port compris http://www.irnc.org/ANV/eCommerce/index.htm  

16/04/2007

Serge Portelli : Ruptures, le bilan de Nicolas Sarkozy

medium_ruptures.jpgRuptures, le bilan de Nicolas Sarkozy. L’éditeur Michalon renonce à publier le texte (sous la pression de Nicolas Sarkozy ?). En ligne sur Betapolitique : Ce livre est là pour qu’on ne puisse pas dire, après, qu’on ne savait pas.

« Nicolas Sarkozy a été ministre de l’Intérieur pendant quatre ans. Son bilan est là, il suffit de l’étudier. Ses propositions sont là, il suffit de les lire.

L’examen minutieux de quatre ans d’exercice du pouvoir, l’analyse détaillée d’un projet dessinent un tableau très différent de la rupture tranquille proposée par le ministre-candidat. Voici de vraies fractures avec nos traditions républicaines, nos principes constitutionnels et notre démocratie. Nicolas Sarkozy n’a jamais pu aller jusqu’au bout de ses idées, empêché le plus souvent par ses propres amis. Après avoir obtenu de la police 530 000 gardes à vue, (40 000 de plus chaque année), après avoir réussi à faire reconduire à la frontière 25 000 personnes en 2006 (femmes et enfants compris), après avoir réussi à créer un nombre incalculable de fichiers (dont celui des enfants qui font l’école buissonnière), il pense pouvoir enfin réaliser ses rêves. Le carnet de comportement pour les enfants présentant des troubles du comportement dès trois ans, les peines de prison automatiques, le fichiers selon l’origine ethnique, les hôpitaux-prison, la disparition de la justice des mineurs, les compagnies de CRS comme police de proximité… Ce livre est là pour qu’on ne puisse pas dire, après, qu’on ne savait pas. »

Serge Portelli est vice-président au tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle. Il a été conseiller de Raymond Forni à la présidence de l’Assemblée nationale et doyen des juges d’instruction au tribunal de Créteil. Il a été Maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris et enseigne aujourd’hui à l’Ecole de psychologues praticiens de Paris. Il est également membre du Syndicat de la magistrature. Il est notamment l’auteur de : Création et Prison, Edition de l’Atelier, 1995 ; Les droit des victimes, Dalloz, septembre 2003, en collaboration avec le Docteur Gérard Lopez et Mme Sophie Clément et du Traité de démagogie appliquée : Sarkozy, la récidive et nous, Michalon (2006).

 

Livre à consulter sur
Betapolitique

Achetez Ruptures sur lulu.com
6 euros en PDF téléchargeable

13 euros en édition brochée

 

Source : Page2007

04/04/2007

D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française de Didier Eribon

medium_livreeribon.jpgLorsque la gauche est arrivée au pouvoir, en mai 1981, une bonne partie de ceux qui avaient participé aux mouvements de contestation des années 1960 et 1970 ont considéré cette victoire comme étant un peu la leur. Et surtout, ils ont pensé qu’un « travail en commun » pourrait se mettre en place : au contact de toutes ces énergies sociales et culturelles, les socialistes allaient inventer un nouvel art de gouverner, qui permettrait de réconcilier la critique radicale et la réforme, la mobilisation et la transformation effective. Il leur fallut bientôt déchanter : les socialistes furent vite changés par l’exercice du pouvoir et se mirent à dénoncer comme des ennemis les mouvements sociaux et les intellectuels qui les soutenaient. Dans le même temps, s’opérait un glissement général vers la droite de toute la vie intellectuelle française, qui fut produit dans une large mesure par le travail de cénacles idéologiques et d’universitaires qui se donnèrent pour tâche d’effacer l’héritage de Mai-1968 et des années 1970. Ces promoteurs d’une véritable restauration conservatrice façonnèrent un cadre de référence qui devint en même temps celui de la gauche socialiste et de la droite la plus traditionnelle. C’est assurément le divorce qui s’installa alors durablement entre une gauche officielle récitant le catéchisme de la pensée réactionnaire et une gauche critique renvoyée à une radicalité sans débouchés qui explique la défaite du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2002.

C’est de cette séquence - mais surtout de ses conséquences actuelles - que Didier Eribon entreprend ici l’analyse à la fois historique, théorique et politique, en plaidant pour la renaissance d’une « gauche de gauche », et pour un renouveau de la pensée critique.

A écouter l'émission de France Inter, La bande à bonnaud dont Didier Eribon était l'invité le 4 avril : Son à écouter

02/04/2007

Nicolas Hulot, Edgar Morin : l’an I de l’ère écologique

medium_livremorin.jpg C’est un livre paru fin janvier aux éditions Tallandier, reprenant cinq textes d’Edgar Morin, auxquels s’ajoutent un entretien avec Nicolas Hulot et un écrit inédit du philosophe.

Les cinq "reprises" ont été publiées précédemment dans des journaux ou sont des participations à des débats. Il est bien d’avoir grâce à ce livre cinq textes d’Edgar Morin recouvrant vingt-cinq ans de sa pensée et centrés sur l’écologie.

Le premier donne son titre au livre et a été publié dans le Nouvel observateur en 1972. C’est l’occasion de se rappeler qu’avec Morin c’est toujours très dense, dès le début : le mot "écologie" renvoie à ce que recouvraient déjà les mots bien connus de milieu, d’environnement, de nature (...). Ces trois notions oublient le caractère le plus intéressant du milieu, de l’environnement, de la nature : leur caractère auto-organisé et organisationnel.’ Il faut donc plutôt parler d’écosystème, dans lequel vivent les humains : le développement économique, la "croissance", doivent donc être contrôlés pour ne pas le mettre en péril. L’homme dispose d’une situation spécifique [1], totalement intégré dans le milieu naturel mais aussi distant, du fait de sa conscience.

Edgar Morin développe aussi la notion de "conscience planétaire" : non seulement la planète comme écosystème, mais aussi un monde d’humains interdépendants, en économie comme en situation de guerres [2]. Ces idées sont appliquées au domaine de l’énergie, dans un texte pour le débat national "Energies 2003". Le problème énergétique en France est vu depuis un contexte mondial et doit intégrer la force de la dimension européenne : "l’interdépendance assure l’indépendance commune". E. Morin devient très concret : ressources énergétiques, transports, habitat, "revitalisation des campagnes", santé publique...

Le livre contient également une version longue d’un entretien entre E. Morin et Nicolas Hulot, dont "Philosophie magazine" a publié une version raccourcie en février de cette année. On y apprend que très jeune E. Morin a été sensible aux Rêveries de Rousseau et qu’enfant Nicolas Hulot éprouvait beaucoup de plaisir à voir son père réaliser des greffes de rosiers. Plus globalement, on peut reprendre les termes employés dans l’introduction à ce dialogue par Nicolas Truong, conseil de la rédaction du magazine : "Les uns y liront un nouvel avatar de la morale des bons sentiments ; les autres un moyen de résister à la déshumanisation planétaire". On peut aussi constater que l’un comme l’autre montrent une culture et une réflexion qui ne les limitent aucunement aux "bons sentiments", même si leurs propos traduisent parfois ce qui pourrait ressembler à une certaine crédulité [3].

Le livre se clôt par un texte inédit d’Edgar Morin : "les trois principes d’espérance dans la désespérance", qui illustre bien ce qui est décrit dans la note précédente. Il faut donc prendre ce livre pour ce qu’il est : une étape dans la prise de conscience collective de l’urgence écologique. C’est bien sûr déjà immense et par ce livre nous avons vingt-cinq ans d’expression d’un des penseurs les plus utiles à comprendre notre époque et ses défis (les trois principes d’espérance résident dans l’improbable, les potentialités humaines encore non actualisées [4] et les possibilités de métamorphoses).

Edgar Morin : L’an I de l’ère écologique : et dialogue avec Nicolas Hulot, Paris, Tallandier, coll. Histoires d’aujourd’hui, 127 p. 2007

[1] qui ouvre à la complexité
[2] ’les guerres de l’ère planétaire sont des guerres intestines’
[3] on peut quand même aussi regretter le style presque harceleur d’Edgar Morin : ne pas prendre assez le temps d’expliciter et faire ployer le lecteur sous un déluge de grandes déclarations
[4] tiens ! Ce ne serait pas un retour de scientisme ? Le cerveau humain et ses ressources comme - potentielles - réponses aux problèmes


Yves Caron

Source : naturavox 

22/03/2007

Quelle VIe République ?

medium_livre-6e.2.jpgLa Vème République paraît à bout de souffle. À l’agonie. La dérive présidentielle (qui autorise certains observateurs à parler de « monarchie présidentielle ») s’accompagne d’un discrédit du pouvoir, avec les divisions au sommet de l’Etat, les affaires, le rejet de la politique par de très nombreux citoyens, la montée de l’abstention et une contestation croissante du système. De divers côtés, l’idée d’une VIème République fait son chemin. Mais de quelle République s’agit-il ? Et à quelles conditions cette nouvelle république peut-elle être vraiment une république démocratique et sociale ? Dans cet ouvrage collectif, les principaux responsables de la gauche, et plusieurs personnalités de la société civile, donnent leur point de vue. Les réponses, qui ne s’en tiennent pas à des « petites phrases » de campagne, témoignent d’une réflexion en cours. Multiple et parfois contradictoire. En l’état, elles devraient contribuer à un vrai débat citoyen.

Avec des contributions de :
François Hollande (PS) ; Nicole Borvo (PCF) ; Jean-Luc Mélenchon (PS - PRS) ; Christian Picquet (LCR); Arlette Laguiller (LO); José Bové (La Charte antilibérale) et Anicet Le Pors (ancien ministre, membre du Conseil d'Etat), Georges Séguy (militant syndical), Roland Weyl (avocat); Roger Bordier (écrivain)

Source : Le temps des cerises

08/03/2007

Déconstruire les murs et construire des ponts. Par Jean-Marie Muller

Antoine de Saint Exupéry est pilote de guerre en mai 1940 lorsqu’il écrit ces lignes : « Le drame de cette déroute est d’enlever toute signification aux actes. Quiconque fait sauter un pont ne peut le faire sauter qu’avec dégoût. Ce soldat ne retarde pas l’ennemi : il fabrique un pont en ruine. Il abîme son pays pour en tirer une belle caricature de guerre ! » Il en est toujours ainsi. Toujours, la guerre, quelle que soit la cause qu’elle prétend servir – et celle-ci peut être juste –, fabrique des ponts en ruine. Toujours la guerre ruine des maisons, des villages et des villes. Et ces ruines sont les ruines de l’humanité de l’homme.  
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Les moyens de la violence non seulement pervertissent la cause la plus noble, mais ils l’effacent et viennent se substituer à elle. « C’est ce renversement du rapport entre le moyen et la fin, écrit Simone Weil, c’est cette folie fondamentale qui rend compte de tout ce qu’il y a d’insensé et de sanglant tout au long de l’histoire. » La violence est alors recherchée pour elle-même. Elle devient un mécanisme aveugle de destruction, de démolition, de dévastation et de mort.

Chaque soir, nous sommes des télé-voyeurs qui regardent des hommes jouer au jeu mécanisé de la guerre aux quatre coins du monde. Et force est de reconnaître que nous sommes fascinés par ces images de fer, de feu, de sang et de mort. Pourtant, dans chacun de ces conflits, la violence n’est pas la solution, elle est le problème. L’erreur est de juger que la violence est humaine. Face à la tragédie de la violence, face à son inhumanité, son absurdité et son inefficacité, le moment n’est-il pas venu, par réalisme sinon par sagesse, de prendre conscience de l’évidence de la non-violence ?

La violence ne peut que détruire des ponts et construire des murs. La non-violence nous invite à déconstruire les murs et à construire des ponts. Malheureusement, il est plus difficile de construire des ponts que des murs. L’architecture des murs ne demande aucune imagination : il suffit de suivre la loi de la pesanteur. L’architecture des ponts exige infiniment plus d’intelligence : il faut vaincre la force de la pesanteur.

Les murs les plus visibles qui séparent les hommes sont les murs de béton qui martyrisent la géographie et divisent la terre qu’il faudrait partager. Comme naguère le mur de Berlin, comme aujourd’hui le mur de Jérusalem. Pour mémoire, le mur de Berlin n’a pas été détruit par les armes de destruction massive de l’Occident. Il ne s’est pas non plus effondré de lui-même sous son propre poids, comme d’aucuns le prétendent indûment. Le mur de Berlin est tombé sous la pression de la résistance non-violente des femmes et des hommes des sociétés civiles des pays de l’Est qui avaient pris les plus grands risques pour conquérir leur dignité et leur liberté.
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Mais il existe aussi des murs dans le cœur et dans l’esprit des hommes. Ce sont les murs des idéologies, des préjugés, des mépris, des stigmatisations, des rancœurs, des ressentiments, des peurs. La conséquence la plus dramatique de la violence, c’est qu’elle construit des murs de haine. Seuls ceux qui, dans quelque camp qu’ils se trouvent, auront la lucidité, l’intelligence et le courage de déconstruire ces murs et de construire des ponts qui permettent aux hommes, aux communautés et aux peuples de se rencontrer, de se reconnaître, de se parler et de commencer à se comprendre, seuls ceux-là sauvegardent l’espérance qui donne sens à l’à-venir de l’humanité.

La fatalité de la violence est tout entière construite de mains d’hommes. Cela signifie que les hommes, de leurs mains, peuvent la déconstruire.

* Écrivain et philosophe, Jean-Marie Muller est le porte-parole national du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN). Dernier ouvrage paru : Dictionnaire de la non-violence (Le Relié Poche).

Source : MAN

06/03/2007

Laissez-les grandir ici : le film

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LE FILM

Collectif des cinéastes pour les « sans-papiers »; Professionnels du cinéma et de l’audiovisuel en soutien au Réseau Education Sans Frontières et à tous les « sans-papiers » de France

Dans les écoles, les collèges et les lycées, un grand mouvement de solidarité entoure les enfants d’hommes et de femmes sans-papiers menacés d’expulsion.

Ce mouvement est essentiel à la société française : les enfants des écoles, ce sont les enfants de ce pays, ce sont les enfants de la République.

A titre individuel ou au sein d’associations, des cinéastes se sont engagés en parrainant et en protégeant ces familles en difficulté et en danger.

La décision de faire un film collectif s’est vite imposée à nous.

Pour réaliser ce film, nous nous sommes adressés au Réseau Éducation Sans Frontière (RESF) et à des enseignants, qui nous ont présenté certains de leurs élèves, des enfants de ceux qu’on appelle « sans-papiers ».

Avec l’accord de leurs parents, nous avons travaillé avec eux en ateliers d’écriture. Les enfants ont raconté leurs situations, confronté leurs expériences. De ces échanges est né un texte (ci-dessous) et de ce texte est né un film. Leur film. Une forme simple qui porte leur parole et leur histoire. Une histoire de peur et de souffrance.

Les enfants ont participé à ce travail avec leur passion et leurs espoirs. Espoir de voir cesser l’arbitraire, qui fait toujours d’eux des enfants de « sans-papiers », des enfants de déboutés. Espoir de vivre sans la peur quotidienne d’être expulsés. Passion d’apprendre et de grandir dans un pays qui est le leur comme il est le nôtre.

Ces enfants doivent vivre parmi nous. Il est aujourd’hui urgent d’affirmer :

Laissez les grandir ici !

Ce film sera projeté dans les salles de cinéma à partir de mercredi 7 mars 2007 (salles d’Art et Essais, réseau MK2...) et 400 copies sont d’ores et déjà disponibles pour une diffusion nationale. De plus, des DVD seront bientôt disponibles.

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