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13/11/2007
Grèves : égalité, équité, solidarité
Les dispositions plus favorables des principaux régimes ont des contreparties : la pénibilité du travail, les horaires décalés et le travail le week-end ; un « taux de remplacement » de 10 % plus bas en moyenne que dans le secteur privé car les primes ne sont pas incluses dans le calcul de la retraite, etc. Pas la moindre trace de privilèges dans ces réalités. Le véritable scandale est que le patronat refuse de tenir compte de la pénibilité du travail dans le secteur privé où existent des situations comparables.
Le pouvoir dit vouloir rétablir l’équité. Il se moque du monde et méprise le monde du travail. Car l’équité dont il parle c’est l’alignement vers le bas ! On dégrade d’abord la situation des retraites du régime général, puis on s’attaque ensuite aux régimes spéciaux pour s’attaquer à nouveau à tous les salariés. En fait d’équité, c’est la régression pour tous !
Car l’offensive du gouvernement vise, en réalité, l’ensemble des retraites. François Fillon vient de réaffirmer que la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein devrait passer à 41 annuités entre 2009 et 2012 . Laurence Parisot, la présidente du Medef, réclamait récemment le passage à 42 annuités ! Les campagnes de division, d’opposition des salariés du public à ceux du privé ont pour but d’affaiblir tout le monde pour porter des coups à tous. D’ailleurs qui peut penser qu’en attaquant aux régimes spéciaux, on réglerait le problème global. Les salariés relevant de ces régimes représentent aujourd’hui moins de 5 % de l’ensemble. A qui fera-t-on croire que les mesures les concernant régleront le problème pour les 95 % restants ?
Ils prétendent alors que la France n’a pas les moyens de financer son système social.
C’est un mensonge. Le pays est riche. L’argent coule à flot pour les dividendes des actionnaires, les stock options des grands patrons, la spéculation financière tous azimuts.
Mais le pouvoir met tout en œuvre pour protéger les profits et les grandes fortunes.
En matière de retraites, la véritable question est celle de la part des richesses que la collectivité nationale décide de consacrer aux nouveaux besoins nés de l’évolution démographique. Financer la retraite pour tous sur la base de 37,5 annuités de cotisations aussi bien dans le public que dans le privé est possible. Cela représente 4 points de PIB jusqu’en 2040. Ils seront largement assurés par le doublement des richesses créées dans le même temps. Mais il y a une condition. Il est indispensable de s’attaquer aux vrais privilèges, ceux des actionnaires du CAC 40 et des marchés financiers.
L’attaque massive contre les retraites s’inscrit dans une cohérence plus globale.de la politique Sarkozy- Medef. Il s’agit de tirer drastiquement vers le bas les garanties sociales et les acquis démocratiques au service de « l’attractivité des capitaux » pour les marchés financiers, de la recherche de la « profitabilité maximale » des entreprises de l’alignement sur la construction de l’Europe libérale.
Les mouvements sociaux qui se développent sont une chance pour le pays et pour le monde du travail dans son ensemble. Accepter la régression sociale serait s’engager dans une spirale de déclin et d’apauvrissement dans tous les domaines.Car c’est le « social », c’est la réponse aux besoins qui tire l’économie et l’emploi. Sortir notre pays et notre peuple de l’ornière implique d’autres orientations progressistes. Les moyens existent pour celà à condition d’utiliser l’argent autrement, pour une croissance de progrès social, préservant les ressources naturelles de la planète.
Les salariés ont raison de se battre.
Source : PCF
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La LCR appelle à une "généralisation" des grèves
PARIS, 13 nov 2007 (AFP) - La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) s’est dite mardi "totalement solidaire" des salariés en grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, et a appelé à "une généralisation des grèves". "La LCR est totalement solidaire des salariés en grève et exige 37,5 annuités pour tous, pour une retraite à 60 ans avec 75% du dernier salaire", affirme l’organisation d’Olivier Besancenot, dans un communiqué. "Pour faire reculer ce gouvernement de régression sociale sur les retraites, comme sur les autres revendications telles que les salaires, il faudra reconduire et généraliser la grève", affirme le communiqué. La LCR propose de "faire du 20 novembre" - jour de grève dans la fonction publique à l’appel des syndicats- "une première journée de convergence interprofessionnelle". L’organisation trotskiste précise qu’Olivier Besancenot sera présent à la manifestation des salariés en grève mercredi à Paris.
Source : LCR
23:27 Publié dans Actions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Appel de la coordination nationale universitaire (réunie à Rennes le 10 et 11 Novembre)
« Nous, étudiants réunis en coordination nationale, représentant les assemblées générales de universités, constatons que la mobilisation prend chaque semaine de l’ampleur contre la LRU et les attaques du gouvernement. Plus de 50 assemblées générales ont eu lieu cette semaine, réunissant des dizaines de milliers d’étudiants. Plus de 25 universités sont en grève, dont plus de 15 ont voté massivement le blocage et l’arrêt total des cours. La mobilisation des étudiants s’annonce donc massive. Des assemblées générales sont prévues cette semaine dans presque toutes les universités.
Nous refusons la LRU parce qu’elle vise à démanteler le service public d’enseignement supérieur, amorcé depuis plus de 30 ans à travers de nombreux projets de lois (loi Faure, Projet De Waquet, Plan U3M, LMD, Loi de Modernisation des Universités), dont l’objectif principal est la mise en concurrence des universités à l’échelle mondiale comme aux niveaux nationnaux. La LRU va vers la privatisation des universités, augmentant ainsi le poids des entreprises et du privé. Les universités pourront être gérées comme des entreprises par des présidents tous puissants et des conseils d’administration avec encore moins de contrôle démocratique. Ainsi, les universités seront mises en concurrence avec comme conséquence une baisse du financement des filières considérées comme non rentables, une dégradation des conditions d’études dans les universités, et une augmentation de la sélection envers les étudiants. La loi instaure une pré-sélection des lycéens à l’entrée de l’université et facilite à terme l’augmentation des frais d’inscriptions. Nous appelons l’ensemble des lycéens-ennes à se mobiliser et à bloquer leurs établissements. De plus, les personnels enseignants comme non enseignants seront précarisés et gérés directement par la présidence des universités : c’est la casse de leur statut qui est programmée. Cette réforme n’étant ni négociable, ni amendable tant au niveau national que local, nous exigeons son abrogation.
La LRU n’est qu’une des mesures qui s’inscrivent dans la logique globale de casse de l’éducation, des services publics, et de l’ensemble des droits sociaux. Nous exigeons un cadrage national des diplômes, une augmentation des aides sociales et du budget de l’enseignement supérieur, ainsi que la suppression des frais d’inscription. En particulier, nous exigeons le rétablissement des 22000 postes de fonctionnaires supprimés cette année dont les 11200 dans l’éducation nationale. Nous exprimons notre solidarité avec les luttes des salariés qui se déroulent en ce moment et avec leurs revendications : contre la remise en cause des régimes spéciaux et pour le retour aux 37,5 annuités pour tous ; contre les franchises médicales ; contre la précarisation des statuts de la fonction publique. Cette solidarité ne doit pas être un vain mot elle engage tous les acteurs du mouvement social à travailler et à lutter ensemble. Nous dénonçons également la stigmatisation des immigrés et nous exigeons l’abrogation des lois anti-immigrés en particulier la loi Hortefeux, la régularisation de tous les sans-papiers et la fermeture des centres de rétention, et la fin des rafles. Au rouleau compresseur du gouvernement nous opposons la convergence des luttes tous les secteurs attaqués, qui seule pourra le faire céder.
Le gouvernement fait fermer les universités bloquées et envoie les CRS dans celles qui sont occupées. A la mobilisation, le gouvernement répond par des pseudo promesses et par une répression dans les universités, nous appelons au boycott et blocage des commissions de mise en place de la LRU. Nous condamnons fermement les fermetures administratives et les agissements de la police. Face aux référendums organisés par les administrations nous affirmons la seule légitimité des Assemblées Générales et des comités de grèves pour décider des suites du mouvement. Les votes à bulletins secrets doivent être empêchés car ils nuisent au mouvement.
Nous appelons la population à soutenir notre mobilisation, celle des cheminots et la grève du 20 novembre dans la fonction publique. C’est par une lutte de tous et pour tous, que nous pourrons faire céder le gouvernement.
Nous appelons les étudiants à se mettre en grève dès maintenant, à construire la lutte avec piquets de grève, blocage et occupation à discuter et convaincre autour d’eux pour construire un mouvement encore plus massif. Nous appelons tous les personnels des universités à nous rejoindre dans la grève.
Nous appelons à une journée nationale d’action de blocage des gares le mardi 13 Novembre.
Nous appelons à manifester aux côtés des cheminots le 14 ou le 15 novembre selon les villes. Nous appelons à manifester massivement le 20 novembre avec la fonction publique.
Nous appelons les salariés du public comme du privé à se saisir de ces dates pour nous rejoindre dans la grève, car c’est tous ensemble étudiants lycéens travailleurs que nous ferons céder le gouvernement.
La coordination ne reconnaît pas et condamne toute négociation de syndicat ou organisation avec le gouvernement car l’objectif est la mise en place d’un rapport force, le seul moyen de satisfaire nos revendications. »
23:25 Publié dans Actions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Exigeons un référendum : 71% des français favorables !
Voilà un chiffre qui a le mérite d’afficher la couleur : 71% des français veulent être consultés sur le projet simplifié de Constitution européenne. Le Président de la République veut passer outre cette volonté populaire et entend bien faire adopter ce nouveau texte par voie parlementaire. C’est scandaleux, il faut exiger un référendum. Voici l’appel et la pétition que je vous invite à faire circuler le plus largement possible. Pétition en ligne à l’adresse suivante : www.collectifdu29mai.org23:24 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Communiqué unitaire contre les violences policières à Paris X
Ce lundi 12 novembre, des dizaines de gardes mobiles ont usé de gaz lacrymogènes contre les piquets de grève des étudiants de Paris 10 en grève contre la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU). Une loi d’inspiration purement libérale remettant en cause tous les principes d’égalité et préparant à courte échéance la privatisation de l’ensemble du système universitaire. Des agents en civil ont par ailleurs tenté de provoquer les étudiants.
La LCR, les Alternatifs et le PCF de Nanterre condamnent fermement l’usage de la force publique dans ce conflit social.
Elles constatent que le président Audéoud s’est permis des déclarations fallacieuses sur un noyautage du mouvement, dans le monde daté du 9 novembre. Il oublie de mentionner qu’il n’est pas lui même politiquement neutre : il est pressenti comme candidat aux municipales par l’UMP de Nanterre ! De plus l’affluence massive aux Assemblées Générales dépasse de loin les cercles militants. Les organisations signataires appellent au respect des mots d’ordre renouvelés en assemblée générale aujourd’hui, notamment celui d’abrogation de la loi LRU et le maintien de piquets de grève.
Elles constatent que dans nombre d’autres villes universitaires, le pouvoir réagit avec violence. Ces réactions montrent la fébrilité du gouvernement et du président face à la montée des contestations de sa politique de casse sociale.
Les organisations signataires saluent les mobilisations en cours dans de nombreux secteurs (transports, énergie, justice, universités, franchise médicales) et appellent les Nanterriens à se solidariser avec les luttes menées localement et nationalement.
Nanterre, le 12 novembre
Source : bellaciao
23:21 Publié dans Actions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le cout du coup de force, par François Delapierre
Onze pays avaient prévu un référendum pour ratifier le précédent Traité Constitutionnel européen (TCE) : Danemark, Espagne, France, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni, Suède et Finlande.Pour l’actuel Traité modificatif européen (TME), il n’est en plus question nulle part, sauf en Irlande où il s’agit d’une stricte obligation constitutionnelle. Aux Pays-Bas, le chef du parti travailliste Wouter Bos a oublié sa promesse des élections de novembre dernier : "si un nouveau traité émergeait, qui ressemblerait même de loin à la Constitution Européenne, il y aurait un second référendum." En Grande-Bretagne, le premier ministre Gordon Brown ne se considère pas davantage lié par la promesse du manifeste du parti travailliste de 2005 d’un référendum sur le TCE. Au Danemark, qui ratifiait jusqu’ici tous les traités européens par référendum, le gouvernement fait tout pour l’éviter. En République Tchèque, le Premier ministre pressé dans son propre parti de convoquer un référendum dit s’en remettre à la Cour Constitutionnelle qui déterminera si une réforme de la Constitution est vraiment nécessaire. Au Portugal, le premier ministre Socrates affronte la pression pour le référendum qui monte au sein même du Parlement. Un à un, les gouvernements des pays qui prévoyaient un référendum sur le TCE y renoncent. Même là où le TCE avait été ratifié par référendum, en Espagne et au Luxembourg, où l’on pourrait supposer les peuples enclins à confirmer leur vote initial.
Au sommet de Lisbonne, une clause non écrite a visiblement été adoptée en plus de toutes celles du TME. Chaque chef d’Etat s’est engagé à ne pas organiser de référendum. Car un seul exemple ferait tâche d’huile. Ainsi l’Irlande a été priée d’organiser son référendum le plus tard possible, pour ne pas donner un mauvais exemple. Le gouvernement danois est invité à tenir bon pour ne pas affaiblir le gouvernement hollandais qui tente d’imposer la voie parlementaire. Tandis que l’éventualité d’un référendum en République Tchèque est d’autant plus combattue qu’elle suscite une crainte de « contagion » sur la Pologne.
Cette obsession anti-référendaire est avérée par des propos de Giuliano Amato de juillet 2007 à Londres dans la discrète réunion d’un think tank blairiste, révélés par une vidéo diffusée sur Internet. Amato, du parti démocrate italien, ancien Président du Conseil, fut vice-président de la Commission Giscard et présida la Convention sur l’Avenir de l’Europe mise en place après les « non » français et néerlandais. Selon lui, « il a été décidé que le document devrait être illisible. S’il est illisible, c’est qu’il n’est pas constitutionnel ; c’était là l’idée…Si vous parvenez à comprendre le texte au premier abord on risquerait des appels à référendum, parce que cela signifierait qu’il y a quelque chose de nouveau. (…)Si la CIG produit un document de ce type, n'importe quel premier ministre - celui du Royaume-Uni, par exemple - peut aller devant les Communes et dire : 'Regardez, c'est complètement illisible, c'est un traité bruxellois typique, il n'y a aucun besoin d'un référendum' . »
Notons que les chefs d’Etat européens, qui furent nombreux à expliquer les « non » français et hollandais par le contexte national, n’ont pas davantage envisage un référendum simultané dans l’Union évitant que la question posée soit polluée par des enjeux de politique nationale. De même, ils ont refusé de s’appuyer sur l’élection du Parlement européen en 2009 pour enclencher un processus démocratique débouchant sur l’adoption d’un nouveau traité. La déclaration commune des gouvernements de l’Union, adoptée lors des célébrations du cinquantenaire du traité de Rome, a choisi au contraire « d’asseoir l’Union européenne sur des bases communes rénovées d’ici les élections au Parlement européen de 2009 ». Il leur aura donc fallu bâcler le TME en un temps record et l’adopter en deux mois à peine. Les chefs d’Etat ont renoncé de ce fait à associer des organismes comme la Confédération Européenne des Syndicats, laquelle avait pourtant mouillé sa chemise pour défendre le TCE, et qui a pris en conséquence ses distances avec ce TME élaboré sans qu’elle soit, même formellement, consultée.
Le refus de solliciter l’approbation populaire relève donc de l’idée fixe. L’idée européenne pourrait en être la victime. Car les chefs d’Etat européens ont pris un risque considérable : transformer les élections européennes de 2009 en référendum a posteriori. De nombreux électeurs pourraient alors se venger du coup de force en accordant leurs suffrages à des listes hostiles à la construction européenne, souvent hélas celles des partis nationalistes en pointe dans l’Europe entière. Le choix de contourner les peuples européens deux ans seulement après leur avoir présenté un projet de Constitution censé rapprocher l’Union européenne des citoyens aurait alors des conséquences considérables sur l’avenir politique du continent.
Source : PRS
23:15 Publié dans Acteurs de la gauche du PS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Régimes spéciaux : un peu d’équité n’aurait pas nui, par François Dériaux
L'injustice a bon dos ! En affirmant que l'injustice la plus criante aujourd'hui dans le monde du travail, ce sont les régimes spéciaux de retraite et affichant son empressement à entreprendre ce chantier de réforme promis dans la campagne électorale, le Premier ministre a tout juste satisfait la partie de l'opinion publique toujours prompte à considérer qu'électriciens et autres cheminots sont des nantis. Pour le reste, c'est précisément sur la question de l'équité que l'on peut reprocher au gouvernement d'avoir failli dans la conduite de ce dossier.
Sans doute, le chef du gouvernement n'a-t-il pas pris connaissance des résultats de l'étude de la Dares intitulée Pénibilité du travail et sortie précoce de l'emploi, présentée lors d'un colloque sur « Age et travail » en mars dernier et dont la publication serait imminente. Ces travaux, menés à partir de l'enquête Santé 2002-2003 de l'Insee, démontrent que si les retraités précoces (avant 60 ans) viennent en effet majoritairement de la fonction publique ou des entreprises publiques, ils ont, beaucoup plus que les pré-retraités du privé, été soumis au cours de leur carrière à de longues périodes de travail posté ou de nuit, ou d'exposition aux intempéries... Leur départ précoce en retraite ne serait donc pas totalement illégitime si l'on se réfère au principe selon lequel la pénibilité des conditions de travail devrait être pris en compte dans la détermination de l'âge de départ en retraite. Un principe inscrit dans la loi... Fillon sur la réforme des retraites voté par le parlement en 2003 et sur lequel les partenaires sociaux devaient négocier dans un délai de trois ans ! Si les négociations n'ont pas débouché pour le secteur privé - en raison notamment du peu d'empressement du patronat à voir cette négociation aboutir - la réforme des régimes spéciaux était une excellente occasion pour le gouvernement de débloquer ce dossier, en engageant avec les organisations syndicales les discussion sur ce sujet, là où l'Etat est employeur.
Le président de la République lui-même avait semblé partager ce point de vue en affirmant, le 11 septembre à Rennes, qu'il fallait distinguer parmi les régimes spéciaux certains métiers pénibles mais que ce n'était pas le cas de tous les régimes spéciaux... Malheureusement, la suite de la négociation entre le ministre du Travail et les organisations syndicales a montré que ce n'était qu'une formule et non un axe majeur de la réforme. Ce faisant, il oublie une injustice autrement plus criante que celle décriée par le Premier ministre : l'inégalité d'espérance vie selon les parcours professionnels.
Le Conseil d'orientation des retraites a produit plusieurs travaux de qualité étayant de manière solide les expositions professionnelles à prendre en compte pour compenser la perte d'espérance de vie ou d'espérance de vie sans incapacité.
Selon que l'on a été exposé durablement à des produits cancérogènes, que l'on a travaillé pendant sa carrière en horaires alternants ou de nuit, que l'on a subi de façon répétée des contraintes posturales fortes, des ports de charges lourdes, des cadences, la retraite risque fort de n'avoir ni la même durée, ni la même qualité. Une fin de vie sous assistance respiratoire ou percluse d'arthrose au point de ne plus pouvoir se déplacer seul n'a pas la même saveur que l'image donnée par les agences de voyages spécialisées dans le troisième âge !
Mais l'équité ne s'apprécie pas seulement à l'aulne des années de bonification accordées pour des conditions de travail pénibles. Il serait particulièrement injuste, scandaleux même, que l'on exige des salariés des années de cotisations supplémentaires, alors même qu'une partie d'entre eux sont écartés de leur emploi à cause de leurs problèmes de santé ou en raison du déclin de leur capacités avec l'âge... Or, l'enquête de la Dares citée plus haut montre aussi que l'emploi des seniors est souvent fragilisé par des problèmes de santé. Ainsi, la mauvaise santé multiplie par 2,8 la probabilité d'être évincé de l'emploi.
Une autre enquête, menée par le Créapt également en 2003, auprès de 11 000 salariés de plus de 50 ans, montre quant à elle qu'après cet âge, une majorité des salariés encore en emploi présente des troubles de santé, voire des pathologies graves. Par exemple, selon cette enquête, plus du quart des femmes et 22 % des hommes travaillaient en ayant une pathologie rhumatologique considérée comme grave par leur médecin du travail. Or, il est loin d'être évident que les entreprises, privées ou publiques, sont prêtes à consentir les efforts nécessaires d'aménagement des postes et de l'organisation du travail pour maintenir ces salariés vieillissants dans l'emploi. Le gouvernement n'aura d'autre choix de mettre au point des mécanismes incitatifs et sans doute coercitifs pour les y inciter. Faute de quoi, selon le principe des vases communicants, l'équilibre retrouvé des régimes de retraite pourrait provoquer le creusement des déficits pour le chômage et l'invalidité.
François Dériaux, rédacteur en chef de Santé et Travail
Source : alternatives-economiques
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Le PS apporte "son soutien aux salariés en grève"
PARIS (AFP) - Le Bureau national du PS a apporté mardi "son soutien aux salariés en grève" pour protester contre le contenu de la réforme gouvernementale des régimes spéciaux de retraite, selon un communiqué du parti.
"Le Parti socialiste apporte son soutien aux salariés en grève contre une offensive gouvernementale qui annonce pour demain la même méthode et les mêmes objectifs pour l'ensemble des salariés de ce pays", déclare le Bureau national.
Selon lui, la réforme voulue par l'exécutif "ne répond nullement" à "la nécessité d'une réforme globale des retraites garantissant la pérennité du système par répartition".
La direction du PS fait valoir aussi que "le président de la République et sa majorité ont systématiquement refusé les négociations réclamées par les organisations syndicales", les accusant une nouvelle fois de vouloir "passer en force".
Elle estime encore que "la droite est aujourd'hui particulièrement malvenue de justifier cette réforme par des considérations financières, alors qu'elle vient de voter l'octroi de 15 milliards d'euros par an de cadeaux fiscaux en faveur des contribuables les plus aisés".
Les participants au Bureau national, tous courants confondus, ont exprimé leur satisfaction sur la position du PS, qui avait été contestée la veille et apparaît désormais clarifiée.
Lundi, un porte-parole du parti, Bruno Le Roux, s'était borné à exprimer l'appui du PS à "la demande des syndicats qu'ils font d'une négociation qui soit meilleure".
Mardi après-midi, la porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale Aurélie Filipetti avait aussi déclaré que son parti "soutenait les grévistes".
Au cours de la réunion du Bureau national, nombre d'intervenants ne se sont pas bornés à critiquer "la méthode" du gouvernement, pour souligner "le caractère injuste de cette réforme". C'était "un Bureau national très combatif, traduisant ce qui se passe sur le terrain", a rapporté le porte-parole du PS, Julien Dray.
"Nous ne laisserons pas les salariés isolés", a ajouté le député de l'Essonne, pour qui ce conflit "n'est pas une affaire corporatiste", ce qui implique que le PS "refuse la volonté du gouvernement d'opposer les salariés les uns aux autres".
Il a souligné qu'"en aucune manière, cette réforme n'apporte de solution au financement déficitaire de la protection sociale". Pour réformer les retraites, "les efforts sont à demander à tous les Français, et d'abord aux plus fortunés", a-t-il dit.
De son côté, le député des Landes Henri Emmanuelli, interrogé par la presse au sortir de la réunion, a replacé la révision des régimes spéciaux dans le cadre de "l'attaque généralisée" contre les salariés, qui vise notamment le pouvoir d'achat. "Il faut globaliser", a-t-il dit.
23:09 Publié dans Actus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12/11/2007
Assez de divisions !
Dans tout le pays, on proteste, on manifeste y compris dans l'actuelle majorité !
Et c'est précisément à ce moment-là que l'on tente de faire revivre la division des socialistes et de la gauche à propos du débat européen.
La division est déjà insupportable, elle est aujourd'hui intolérable ! Nous avons nos convictions. Nous nous respectons. Nous refusons la stigmatisation ou la revanche. Nous voulons tourner la page, nous voulons l'union.
Nous lançons un appel : Assez de divisions !
Retrouvons notre devoir d'opposition et de reconstruction !
Ce texte a déjà été signé par plus de 50 parlementaires socialistes, dont :
Claude Bartolone, Pierre Bourguignon, Jean-Christophe Cambadélis, David Habib, Benoît Hamon, Danièle Hoffmann-Rispal, Marietta Karamanli, Serge Lagauche, Jean-Marie Le Guen, Philippe Martin, Sandrine Mazetier, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Christian Paul, René Rouquet, Odile Saugues, Simon Sutour, Catherine Tasca, Jean-Jacques Urvoas, Henri Weber, etc.
19:48 Publié dans Actus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Une cinquantaine de parlementaires socialistes ont cosigné un appel contre les divisions de leur parti et pour que celui-ci assume son "devoir d'opposition".
PARIS (AFP) - Une cinquantaine de parlementaires socialistes ont cosigné un appel contre les divisions de leur parti et pour que celui-ci assume son "devoir d'opposition".
"Dans tout le pays", écrivent le signataires, "on proteste, on manifeste y compris dans l'actuelle majorité ! Et c'est précisément à ce moment-là que l'on tente de faire revivre la division des socialistes et de la gauche à propos du débat européen".
"Nous nous respectons", poursuivent-ils: "nous refusons la stigmatisation ou la revanche. Nous voulons tourner la page, nous voulons l'union. Nous lançons un appel: assez de divisions ! Retrouvons notre devoir d'opposition et de reconstruction !".
Ils affirment que "le pays constate, amer, tous les mensonges du pouvoir".
"Partout, la contestation s'installe", énumèrent-ils: "parmi les salariés et les retraités en difficulté avec leur pouvoir d'achat, dans les professions libérales avec la nouvelle carte judiciaire, chez les jeunes avec les étudiants, les pêcheurs, les agriculteurs, les fonctionnaires, mais aussi dans la culture sans oublier le tollé éthique à propos du recours à l'ADN pour maîtrise de l'immigration".
08:40 Publié dans Actus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

