07/05/2008

Et maintenant? Par Jean-Claude Dubois

Les municipales et cantonales ont remis un peu d’espoir. Mais il ne faudrait pas rééditer l’exploit de 2004 et faire le dos rond en attendant la suite.

Donc : le congrès, qui permettra, n’en déplaise aux hordes de commentateurs donneurs de leçons du haut de leur éditos ou tribunes audiovisuelles, aux adhérents PS de faire le point et de définir une ligne enfin claire susceptible de rallier largement d’abord les adhérents pour leur permettre de choisir un premier secrétaire qui tienne la route (et ne se contente pas de mécontenter le moins de monde possible) et qui puisse ensuite servir de base attrayante et motivante à une population déboussolée et souffrant de la présente politique.

Il me semble que la ligne qui surgira de ce congrès devrait d’abord tenir compte des fondamentaux du socialisme en s’éloignant des vaticinations qui ont couru les ondes ces temps-ci. Nous devons présenter le visage d’une gauche décomplexée, qui ne craigne pas de parler du pouvoir d’achat, ni des droits acquis (même si ça chagrine les casseurs du code du travail), qui ne craigne pas de dénoncer ce que la droite appelle " réforme" et qui n’est le plus souvent que régression, qui n’hésite pas à assumer les thèmes de la gauche même si les tenants de l’idéologie dominante tiennent le haut du pavé et traitent de ringards tous ceux qui osent mettre en cause le merveilleux fonctionnement du marché qui nous amène tranquillement à la pire catastrophe économique depuis la Libération (selon certains).

Une ligne clairement de gauche, décomplexée, animée par des dirigeants sérieux, qui ont un comportement d’homme ou de femme politiques et non de prédicateur évangéliste obsédé par l’image qu’il (elle) donne. Il nous faut de la gauche solide et non papillonnante et s’il faut des compromis pour éviter une éventuelle dérive vers un parti type démocrate à l’américaine, j’espère que tous les tenants d’un authentique parti socialiste en seront.

 

Jean Claude Dubois

http://ledub66.free.fr ou http://ledub.over-blog.com

10/01/2008

En réponse à Jean-Marc Ayrault. Par Henri Emmanuelli

Suite à la diffusion d’un argumentaire pour le boycott du Congrès de Versailles

Je reçois ce matin, comme tous les membres du groupe, un argumentaire qui me laisse pantois.

Expliquer aux camarades que notre position serait cohérente au motif que nous déposerions une motion référendaire (art. 12 du règlement de l’AN) après avoir « boycotté » le congrès de Versailles est tout de même un peu gros.

Tu sais mieux que personne que compte tenu du rapport de force existant à l’Assemblée Nationale, cette motion n’a aucune chance, absolument aucune, d’être adoptée !

Il s’agit donc d’une proposition totalement factice visant à embrouiller les esprits et, au-delà, à tromper nos concitoyennes et nos concitoyens.

Tu sais mieux que personne qu’il n’y a qu’un moyen, et un seul, de ne pas laisser les mains libres à la manoeuvre du Président de la République visant à dessaisir le peuple français de son pouvoir de décision et d’honorer, du même coup, notre engagement devant le peuple français en faveur du référendum : c’est d’empêcher l’aboutissement de la révision constitutionnelle à Versailles qui exige une majorité des 3/5 des votants présents !

Je ne te cacherai pas que je vis difficilement cette manoeuvre pitoyable : elle ne témoigne pas de beaucoup d’estime pour les facultés intellectuelles des membres du groupe et pas davantage pour nos concitoyens. Elle va, une nouvelle fois, contribuer à donner de notre groupe une image détestable et témoigne d’une conception de la politique sur laquelle je préfère ne pas m’étendre.

Je te demande donc de renoncer à ce grossier stratagème et d’assumer tout simplement tes convictions. Si tu es hostile à la consultation du peuple français par référendum, va à Versailles et vote pour la révision constitutionnelle ! Tu pourras ensuite voter en faveur du traité européen à l’Assemblée et t’associer à la manœuvre souhaitée et voulue par le Président de la République : effacer par un vote parlementaire une décision prise par le peuple français, à laquelle les partisans du Oui ne se sont jamais résignés. Il ne te restera plus ensuite qu’à assister à l’intronisation par Monsieur Sarkozy de Tony Blair, co-auteur de l’invasion de l’Irak et ardent partisan de « la lutte du bien contre le mal », comme président de l’Union Européenne, au moment même ou les Etats-Unis se débarrasseront de Monsieur Bush.

Ayant du mal à terminer cette réponse sur une telle perspective, je te demande de bien réfléchir : il est encore temps de faire marche arrière et de mettre un terme à ce processus désastreux en respectant nos engagements devant les millions de françaises et de français qui nous ont accordé leur confiance. Ils nous pardonneront un moment d’égarement et de trouble, mais pas de persévérer dans le déni de ce que nous sommes, tant il est vrai que dans « social-démocrate », il y a « démocrate ».

Non à la politique de la chaise vide ! Par Marie-Noëlle Lienemann

Communiqué de presse de Marie-Noëlle LIENEMANN, députée Européenne, ancien ministre, membre du Bureau National du PS

La chaise vide des socialistes à Versailles revient à valider la ratification parlementaire et à tourner le dos à leur engagement pour un référendum sur le nouveau traité européen.

Seul un conseil national du PS peut décider de l'attitude des parlementaires socialistes!

Marie-Noëlle LIENEMANN a protesté hier au bureau National du Parti-Socialiste contre la déclaration du président du groupe à l'assemblée nationale, relayée par le premier secrétaire François Hollande, sur la non participation des députés socialistes au Congrès, qui doit se réunir pour modifier la constitution française, préalablement à la ratification du nouveau traité européen.

Cette politique de la chaise vide revient à consolider N Sarkozy et à valider son choix d'une ratification parlementaire du nouveau traité.

En effet, il est possible d'imposer un référendum, en faisant échec à la révision constitutionnelle française, en recueillant 1/3 des votants contre cette modification lors du congrès. Ce score peut être atteint si toute la gauche participe au vote et vote contre. Ne pas venir ou s'abstenir à cette étape décisive revient à donner un feu vert pour la ratification parlementaire et prêter main forte au président de la république qui refuse le référendum attendu par une très grande majorité des français.

Marie-Noëlle Lienemann a demandé que les instances compétentes du PS puissent délibérer sur cette position, d'autant plus cruciale que le référendum était un engagement pris par les socialistes devant le peuple et qu'il en va de l'avenir du pays. Or, à ce jour aucune délibération n'a eu lieu. Elle a insisté sur la nécessité de convoquer un Conseil national exceptionnel pour fixer la position des parlementaires socialistes. Elle estime que si le PS ne montre pas une mobilisation absolue pour obtenir un référendum, il sera d'une façon ou d'une autre sanctionné par les électeurs, et sèmera un trouble durable dans une large fraction du peuple de gauche, mais bien au delà. Car, Il en va d'une certaine idée de la démocratie et de la souveraineté populaire!

Ne pas faire délibérer les instances compétentes au PS, ne par agir pour imposer un référendum constitueraient un double manquement à la démocratie interne d'une part, dans le pays d'autre part.

La forfaiture. Par Jean-Luc Mélenchon

La soi disant "décision" du PS concernant le boycott du congrès de Versailles est en réalité un coup de force médiatique. Ayrault l’a annoncé. le coup est parti. Puis il a modifié son propos, une fois sur d’avoir lancée la machine médiatique (ou naturellement personne ne vérifie rien). Puis le soir il n’en est pas dit un mot en Bureau National alors même que nous sommes trois à demander un débat (Lienemann, Valls et moi). Le lendemain, lettre du même Ayrault soulignant que la "cohérence" (sic) voudrait que les députés refusent d’abord de voter (NPPV) au moment du vote à l’Assemblée qui va précéder la réunion du Congrès à Versailles… La semaine prochaine, ca va être chaud pour lui je crois quand les députés vont être tous là…Puis François Hollande ce matin annonce que la « décision » de boycott est celle qui lui parait la plus cohérente pour affirmer la position du PS en faveur du référendum. Tel quel. Un foutage de gueule gros comme un éléphant. Bien sur, c’est totalement faux et manipulatoire, tout le monde le sait parmi ceux qui l’écoutent, lui aussi. Mais tout le calcul des « ouiouistes » dogmatiques est que l’opinion s’y perde, que l’embrouille soit totale et que le rideau de fumée permette de ne pas être pris la main dans le sac d’un déni de démocratie et d’une forfaiture sans précédent dans l’histoire du Parti depuis les promesses mensongères de Guy Mollet à propos de la guerre d’Algérie.

Ces manipulations reçoivent une aide précieuse de l’Elysée et ses agents de propagande. Dans les médias, les journalistes qui souhaitent une information plus équilibrée ou à tout le moins des explications données aux téléspectateurs ou lecteurs sont mis au placards et leurs avis méprisés au profit des robots qui continuent à répéter les expressions forgées par le bureau de la propagande de l’Elysée tels que « traité simplifié », « Europe en panne » et ainsi de suite pour noyer le poisson. A moins qu’ils ne pousse le projecteur sur la « profonde division du PS » sans en dire un mot de ses causes, ou ne parle déjà « d’indiscipline» terme qu’aucun n’utilise jamais quand celle –ci est le fait de Ségolène Royal sur les alliances au centre ou de Ayrault inventant des "décisions" qui n’ont pas été prises.. Aucun d’entre eux ne prend une seule seconde ses responsabilités devant la grave crise de notre démocratie dans laquelle nous nous installons avec de tels procédés, ni sur la profondeur du reflexe de rejet de cette sorte d’Europe là que déclenche en nous tous qui nous égosillons sans aucun accès aux moyens d’être entendus. Il faut lire les brèves du « Monde » (seul journal à donner l’info avec l’Humanité) pour apprendre, sans un mot de commentaire, que la Slovénie, qui préside l’Union, a adressé des recommandations au gouvernement portugais pour qu’il n’organise pas de référendum. Bien sur, cette information n’est pas contenue dans l’article qui annonce que le gouvernement portugais ne fera pas de référendum. La thèse du complot contre le droit des peuples à s’exprimer trouve là une confirmation stupéfiante d’insolence!

Avant au PS, vaille que vaille, il y avait une surenchère de demande de démocratie pour la société en dénominateur commun. Jusqu’aux "jury citoyen" pour surveiller les élus et à la "démocratie participative"pour écrire le programme de la présidentielle! Même ça, c’est à présent clairement du pipeau ! Des référendum populaires pour choisir la couleur du mobilier urbain ou les repas à la cantine scolaire oui, mais pas pour l’Europe, « cette grande ambition » (œil mouillé et regard vers le ciel, s’il vous plait, avec une profonde respiration) Hier à Besançon, funérailles de Raymond Forni qui parmi tant de choses nobles et dignes était l’homme du discours de président de l’assemblée nationale rappelant qu’il n’était pas né français et faisant l’apologie de la République celle qui rendait cet évènement possible. On était là. Une poignée de dirigeants socialistes, et même moi le paria de cette bande. Mais combien d’absents. Et d’absentes… Combien de héros du partage des postes pour la diversité et Bla/ Bla, Bli /Bli, n’ont pas eu le temps de poser un jour de congé dans leur précieux emploi du temps d’attaché parlementaire, chargé de com, assistant, conseiller et ainsi de suite, ni faire une pause dans leurs justes efforts pour être dans la liste au nom de leur patronyme ou de leur couleur de peau ! Forni n’avait pas du choisir la bonne candidate, ni être d’une diversité assez chic pour valoir la photo. C’était juste un socialiste né dans la misère, arrivé dans un flot de pauvres diables exilés, élevé dans la lutte à la force du poignet, sans quota, ni groupe de pression différentialiste, ni élevage au grain des mangeoires dorées. Tant pis pour lui. Le PS n’est même plus une famille. Même les morts ne sont plus des braves types. Les absents ont eu tort. Le discours de Lionel Jospin était magnifique.

Socialistes, réveillez-vous ! par Paul Quilès

Tribune publiée sur le site de Rue89.com

Je suis atterré par l’annonce que les parlementaires socialistes boycotteront la réunion du Congrès de Versailles, qui, le 4 février, doit voter la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Lisbonne.

Cette décision (si c’en est une !) relève de l’hypocrisie la plus totale.

Que l’on soit favorable ou non à ce traité –copie conforme du projet de Constitution européenne, refusé par le peuple français en 2005- c’est à lui et à lui seul de s’exprimer à nouveau par référendum. C’est une question de cohérence et de démocratie.

Les socialistes ne peuvent accepter l’argument de Nicolas Sarkozy, qui prétend, contre toute réalité, qu’il s’agirait d’un « traité simplifié », d’un « mini traité », qui n’a pas à être soumis aux Français.

Ils ne peuvent non plus baisser les bras, en considérant que N.Sarkozy, parce qu’il a été élu, peut imposer sa volonté. Il se trouve que le référendum peut être obtenu. Il suffit pour cela que la révision constitutionnelle soit rejetée au Congrès de Versailles par 2/5 des parlementaires, ce qui est faisable. Boycotter ce congrès, c’est donc accepter que le référendum n’ait pas lieu.

Pourtant, d’après un sondage (peu popularisé en France), plus de 70% de nos concitoyens sont favorables à ce référendum ! Il serait d’ailleurs souhaitable que de nouveaux sondages ou enquêtes soient organisés par les médias et les sites Internet, habituellement très friands de cette méthode de « mesure de l’opinion ». On verra bien alors ce que pensent les Français.

J’ose espérer que les socialistes, la gauche, mais aussi ceux, au centre et à droite qui considèrent que la démocratie n’est pas négociable, ne laisseront pas s’accomplir ce véritable déni de démocratie, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Ce n’est pas non plus en privant les peuples de débat et d’expression qu’on permettra l’appropriation de la construction européenne par les Européens.

Sous des apparences techniques, ce dossier est finalement emblématique d’une vision de la politique, de la démocratie et même de la morale.

Boycotter Versailles : c’est s’incliner devant Sarkozy sans mener de bataille ! Par Jean-Jacques Chavigné

Jean-Marc Ayrault, Président du groupe PS à l’Assemblée nationale a annoncé que les députés socialistes boycotteraient la réunion du Parlement en Congrès à Versailles, le 4 février. Ce jour là, le congrès sera réuni par Sarkozy dans l’objectif de réviser la Constitution française. Cette révision est indispensable à une ratification ultérieure du Traité Modificatif Européen par le Parlement. François Hollande a approuvé cette prise de position.

Ce n’est pas acceptable !

Refuser d’aller à Versailles c’est offrir sur un plateau Sarkozy la majorité des 3/5 (des votants !) qui lui permettrait de modifier la Constitution et, ensuite, de faire ratifier le nouveau traité européen par le Parlement réuni en congrès, sans passer par un nouveau référendum.

Ce serait une défaite sans combat : le refus de nous battre pour la seule revendication juste : "Seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait !" Alors qu’il est possible de gagner et d’empêcher Sarkozy d’obtenir les 3/5 des suffrages des parlementaires.

Si Sarkozy obtient sa majorité des 3/5 la bataille contre la ratification du traité au Parlement n’aura plus aucun sens. Il lui suffira alors d’obtenir la majorité simple devant le Parlement et cela ne posera aucun problème à la Droite. Ce vote ne sera qu’un vote symbolique.

Il n’est possible de faire barrage à Sarkozy et à sa volonté de ratifier le TCE sans passer par un référendum que lors du vote sur la modification de la Constitution. Ne pas être là lorsque ce vote aura lieu, serait fuir le combat sur le seul terrain où Sarkozy peut être battu.

Il serait, de surcroît, difficile de comprendre le soutien que notre parti apporterait ainsi à Sarkozy au moment où les attaques de la Droite se multiplient contre les salariés, les retraités, les chômeurs : fin des 35 heures, remise en cause du CDI, du Code du travail, franchises médicales, baisse du pouvoir d’achat augmentation de 1,1 % des retraites en 2008, stigmatisation à jet continu des chômeurs et des salariés pauvres...

Nous ne pouvons pas accepter que notre parti puisse faire preuve d’un tel mépris envers les électeurs. Nous ne pouvons pas non plus accepter que notre parti puisse refuser la confrontation avec Sarkozy à un moment où l’échec de sa politique du "pouvoir d’achat" le rend particulièrement vulnérable. On ne fait pas de la politique contre Sarkozy et la Droite la plus réactionnaire depuis Pétain avec un fleuret moucheté. L’adversaire, lui, utilise le sabre d’abordage. Nous devons nous battre sans concessions pour freiner, stopper sa volonté d’effacer tous les acquis sociaux depuis 1936.

Les parlementaires comme Marc Dolez ou Henri Emmanuelli ont déjà fait savoir qu’ils iraient à Versailles pour voter contre le projet de modification de la Constitution proposé par Nicolas Sarkozy. Ils ne seront pas les seuls.

C’est l’ensemble des parlementaires de la gauche (et donc du PS) qui doivent se rendre à Versailles, empêcher Sarkozy d’obtenir la majorité des 3/5 et l’obliger à organiser un référendum sur le Traité européen signé à Lisbonne par les chefs d’Etat ou de Gouvernement, le 13 décembre 2007. Un traité dont le contenu est le même que le TCE rejeté par 54,67 % des électeurs français le 29 mai 2005.

Jean-Jacques Chavigné

09/01/2008

Lettre de Michaël Moglia à Jean-Marc Ayrault

"Négocier un traité institutionnel soumis à référendum pour que l'Europe fonctionne de manière plus démocratique et plus efficace" (proposition 91 du Pacte présidentiel de Ségolène Royal)

Cher Camarade,

Je souhaitais par la présente te faire savoir mon écoeurement suite à ton passage en force, hier après-midi, concernant l'épineuse question de la future ratification du traité de Lisbonne.

Annocée à la sauvette, sans qu'aucune décision n'ait été prise par le groupe, avant même que le BN de notre parti ne se prononce, cette position montre, s'il en était encore besoin, à quel niveau de médiocrité nous sommes tombés.

Cette position, qui a le mérite de prendre très clairement les Français pour des imbéciles, ajoute à la confusion ambiante et méprise le vote pourtant très clair de nos concitoyens et plus particulièrement celui de notre électorat.

Le reniement des engagements pris devant les Français lors des dernières Présidentielles, décrédibilise un peu plus encore notre action et plus particulièrement celle que tu mènes à la tête du groupe.

L'obtention du nouveau référendum est possible, la majorité des 3/5 des parlementaires nécessaire, à condition qu'aucune voix de gauche ne manque, existe. Tu en as décidé autrement, je le regrette et espère que de nombreux parlementaires ne te suivront pas dans cette décision nous permettant ainsi de ne pas être complètement ridicules lors des distributions que nous effectuons actuellement dans le cadre des élections municipales et cantonales.

Michaël Moglia
Membre du Conseil National
Conseiller Régional

Il faut empêcher cela par François Delapierre

La déclaration de Jean-Marc Ayrault a été un tel choc que nous avons choisi de réécrire en dernière minute l’éditorial de A Gauche pour ne pas la laisser sans réaction. Mardi 8 janvier au matin, le président du Groupe socialiste à l’Assemblée Nationale a déclaré dans ses vœux à la presse que les députés socialistes n’iraient pas au Congrès de Versailles par attachement à une procédure référendaire et non parlementaire.

Cette « décision » est un sommet de manipulation et d’hypocrisie. D’abord une manipulation sur la forme. Elle n’a été discutée nulle part. Pas dans la moindre instance du PS, alors que depuis la fondation d’un parti socialiste en France, le parti dirige le groupe parlementaire et non l’inverse. Mais pas davantage au sein du groupe parlementaire lui-même. Ayrault a inventé cela tout seul et l’a présenté comme une décision des députés socialistes. Pire encore, lorsque Jean-Luc Mélenchon a demandé au Bureau national du PS le soir même que la position des parlementaires socialistes soit enfin débattue, il n’a tout bonnement obtenu aucune réponse de François Hollande. Si on les suivait, ce serait sans doute le premier texte soumis au vote des parlementaires socialistes sur lequel leur parti n’aurait défini aucune position. Malgré l’importance cruciale d’un vote qui révise la Constitution et permettrait l’adoption d’un traité européen que les mêmes présentent comme un rendez-vous avec l’histoire. A ce compte, pourrait-on encore parler du PS comme un parti politique et non comme une simple addition d’élus locaux sans conviction bien définie ?

Il s’agit ensuite d’une consternante hypocrisie sur le fond. La désertion du champ de bataille du Congrès aurait un unique effet : permettre à Nicolas Sarkozy de modifier la constitution à sa guise. Et donc de ratifier dans un second temps le nouveau traité par un vote parlementaire à la majorité simple. Versailles est le seul lieu où les députés de gauche ont une chance de contraindre le président au référendum, grâce à la majorité requise des 3/5e des suffrages exprimés. C’est la seule bataille qui ne soit pas purement symbolique. C’est la seule qu’Ayrault ait décidé de ne pas soutenir (en revanche il votera une motion réclamant le référendum déposé par le groupe PCF/Verts, qui sera rejetée).

Bien entendu, tous les Français un peu informés des enjeux en tireraient le sentiment que les socialistes les prennent pour des imbéciles. Non seulement ces derniers soutiendraient l’adoption du nouveau traité par la voie parlementaire au mépris de leurs engagements répétés (Congrès du Mans, projet socialiste et celui de Ségolène Royal). Ils choisiraient de prendre une véritable revanche contre le vote populaire du 29 mai 2005 qui ne s’est pas déroulé conformément à leurs consignes. Mais en plus, ils n’assumeraient pas ce choix et tenteraient de le dissimuler derrière des ruses grossières.

On pouvait espérer autre chose d’un responsable qui faisait il y a peu, avec Ségolène Royal, de la crise démocratique un enjeu central pour le pays. De tels reniements ne pourraient que l’aggraver. Que vaudrait la parole des socialistes ainsi piétinée ? Et quelle serait demain la légitimité d’un traité adopté contre le vote du peuple français, au terme d’une mascarade ridicule dans laquelle les élus socialistes se montreraient dignes d’une opposition de complaisance dans une république bananière. Ce n’est pas la moindre des conséquences de la décision d’Ayrault. Si elle était suivie, ce soutien honteux à Sarkozy, à son traité et à la méthode qu’il a choisi pour l’adopter, achèverait de déconsidérer le Parti socialiste comme opposition à la droite. Et cela à la veille des élections municipales et cantonales qui nous donnent pourtant la première occasion de sanctionner le gouvernement. L’argument récurrent selon lequel la question de la procédure de ratification a été tranchée par l’élection présidentielle et que dès lors il faut « l’acter » ne fait qu’aggraver les choses. Dans ce cas, les socialistes qui gouvernent avec la droite n’ont-ils pas raison de mettre en œuvre la politique que les Français ont choisi ?

Pour une construction européenne fondée sur l’adhésion des citoyens, pour la forme républicaine de la France menacée par la remise en cause de la souveraineté populaire, pour la gauche qui risque d’y perdre tout restant de crédibilité, il faut empêcher qu’une telle stratégie l’emporte. Il reste un mois pour y parvenir. Par une action à tous les niveaux. Dans le Parti socialiste, ses sections et fédérations, qui doivent être saisies de ce débat. Dans le pays, à l’occasion de l’interpellation des parlementaires menée par le CNR. Nous nous y investissons sans état d’âmes. Mieux vaut affronter le problème que d’espérer qu’il disparaisse par la grâce d’une quelconque ruse à Versailles. La tentation du pas-vu-pas-pris de ceux qui pensent enfumer nos citoyens est non seulement misérable, mais elle est de toutes façons vouée à l’échec.

Jean-Luc Mélenchon ira à Versailles

Sur blog, Jean-Luc Mélenchon écrit : C’est pourtant là qu’il faudra être présent et voter contre si l’on veut qu’une minorité de blocage des deux cinquièmes des suffrages exprimés contraigne Sarkozy au référendum. Je signale également qu’à ce jour 107 parlementaires de gauche, dont 61 socialistes, ont déjà signé l’appel du Comité National pour un Référendum et se sont donc engagés à voter contre la révision constitutionnelle à Versailles le 4 février.

Interview d'Henri Emmanuelli au Parisien : Je ne serai pas le seul à me déplacer à Versailles

Respecterez-vous la consigne de boycott du Congrès ?

Non. Nous nous sommes engagés à quatre reprises pour que l’adoption d’un traité impliquant des abandons de souveraineté se fasse exclusivement par référendum. Il n’y a qu’un seul moyen de forcer Nicolas Sarkozy à l’organiser, c’est d’aller au Congrès de Versailles et de voter contre la modification de la Constitution permettant la ratification par voie parlementaire. Toute autre solution est dilatoire. Dire : « le PS boycotte Versailles », c’est accepter qu’il n’y ait pas de référendum et laisser le champ libre au président pour sa manoeuvre.

Ne pas se déplacer à Versailles pour le Congrès serait donc une erreur ?

Je suis parlementaire. J’ai été élu par le peuple et je ne le priverai pas de sa souveraineté. C’est une question de crédibilité. J’ajoute que le groupe des députés socialistes n’a rien décidé du tout. Nous n’avons aucunement été consultés sur la question d’un éventuel boycott. Je laisse la responsabilité à Jean-Marc Ayrault de ses déclarations.

François Hollande confirme ce boycott...

Je ne comprends pas. Je suis affligé. On ne peut pas dire dans le même temps qu’on veut un référendum et adopter une attitude qui, de facto, laissera les mains libres à Sarkozy. Où est la cohérence ? L’heure n’est plus aux renoncements, aux habiletés, à la confusion, voire à la duplicité.

Le PS prend-t-il le risque d’une nouvelle crise sur la question européenne ?

Comme d’autres, j’ai fait l’effort dans le cadre de la synthèse du Mans de dépasser les divisions fratricides entre les partisans du oui et ceux du non moyennant l’engagement de rester ferme sur l’exigence d’un nouveau référendum. Or cet engagement n’est pas tenu. Les risques sont lourds. Je ne serai pas le seul à me déplacer à Versailles. Je pense même que des parlementaires qui avaient voté oui à la Constitution européenne le 29 mai 2005 seront très choqués et iront au Congrès voter contre la révision.

Henri Emmanuelli : J’irai à Versailles et je voterai contre

A quatre reprises, les socialistes se sont prononcés pour que l’adoption d’un traité européen impliquant des abandons de souveraineté se fasse exclusivement par voie référendaire : aux congrès de Dijon et du Mans, ainsi qu’à l’occasion des dernières élections présidentielles et législatives.

Ce faisant, ils restaient fidèles au principe fondamental de la souveraineté exclusive du peuple, qui fonde notre démocratie et régit notre constitution – principe auquel nos républiques et nos présidents successifs n’ont jamais dérogé jusqu’à ce jour.

Cette exigence référendaire reste officiellement la nôtre, d’autant plus forte que le peuple français s’est déjà prononcé sur le traité européen qu’il a rejeté sans ambiguïté.

Conscient des divisions douloureuses qui s’étaient exprimées dans nos rangs à l’occasion de la campagne sur le Traité constitutionnel européen et du désaveu qu’avait subi la majorité de notre parti, j’avais accepté, avec d’autres, la synthèse du Mans, pour que notre parti soit rassemblé à la veille de la présidentielle et moyennant l’engagement de rester ferme sur l’exigence d’une procédure référendaire en la matière. Après l’échec, et face à la malversation démocratique à laquelle s’apprêtait le nouveau Président de la République – piétiner par voie législative le suffrage des françaises et des français – j’avais accepté que nous recherchions une position commune. Cette mission a été confiée à Benoit Hamon qui s’y est attelé avec loyauté et sincérité pendant plusieurs mois.

Malgré toutes ces concessions, notre premier secrétaire a décidé seul, le 6 novembre dernier, de faire voter à nouveau le Bureau National du parti sur le pseudo mini-traité, qui n’est en réalité que la copie conforme du précédent, expurgé des symboles fédéraux qui ne posaient aucun problème aux fédéralistes que nous sommes.

Ce vote du Bureau National n’a rien réglé. Non seulement il a mis en évidence nos divisions qui restent fortes, mais il a de surcroît ouvert la porte à toutes les ambiguïtés et à toutes les manoeuvres sur la position réelle qu’adopteront les socialistes.

Il n’y a, en réalité, qu’une seule solution juridique pour que notre exigence référendaire officiellement proclamée aboutisse, pour que nous restions fidèles a nos engagements devant les françaises et les français, pour que la souveraineté populaire ne soit pas bafouée : c’est de s’opposer à la révision constitutionnelle préalable qui doit avoir lieu à Versailles le 4 février. Si elle n’obtient pas l’acquiescement de 3/5èmes des parlementaires présents, le Président de la République sera contraint d’en appeler au référendum.

Toute autre solution est factice, pour ne pas dire plus.

C’est pour cette raison que j’irai à Versailles et que je voterai contre, afin que les françaises et les français ne se voient pas privés de leur droit de choisir : je n’ai pas été élu par le peuple pour le priver de sa souveraineté.

Je suis persuadé qu’une très grande partie de nos concitoyens, notamment ceux qui ont voté Non, y seront sensibles et en tiendront compte lors des prochaines échéances.

Pour en avoir parlé avec beaucoup d’entre vous, je sais aussi que je ne serai pas seul, que vous êtes nombreux à penser que dans la période difficile que nous traversons, l’heure n’est plus aux renoncements, aux habiletés, à la confusion voire à la duplicité.

C’est pourquoi je propose que toutes celles et ceux qui partagent ce point de vue se réunissent la semaine prochaine [...] pour envisager les modalités de notre action et la faire connaître. En effet, le temps presse. Dès le 15 janvier débutera la discussion à l’Assemblée et un vote aura lieu, avant la tenue du congrès de Versailles. Les mauvais coups se font toujours dans une précipitation feinte...

J’aurais, évidemment, préféré ne pas avoir à prendre cette initiative. Mais on ne nous laisse pas le choix.

Avec l’espoir de te retrouver [...], reçois, chère camarade, cher camarade, l’expression de ma cordiale sympathie.

Les bonnes résolutions de Francesco Maldini

Comme chaque début d’année, chacun d’entre nous réfléchit à son avenir immédiat, voire même au-delà, et décide d’un certain nombre de « bonnes résolutions ». J’avoue que je n’échappe pas à la règle et l’une de mes interrogations du moment a trait au PS. En effet, je me demande réellement que puis-je faire dans ce Parti et quel est l’intérêt pour moi d’y rester ? Je ne parle pas d’un intérêt en terme d’allocation de moyen (prestige, moyen, goût du pouvoir etc.) n’étant pas élu et ayant peu d’affiliation avec Kouchner et autres énergumènes de ce style je n’y avais même pas songé… je parle bien d’un intérêt en tant que militant.

En tant que militant, suis-je dans un parti qui me propose une ligne politique claire, une direction pour lutter contre les inégalités patentes qui sévissent dans le Monde mais également en France, bref une idéologie pour expliquer le Monde où à tout le moins des idées pour lutter contre ces inégalités ? Le moins que l’on puisse dire c’est que depuis bien longtemps, rendons grâce en cela à notre Premier Secrétaire, le PS ne s’embarrasse plus des débats d’intellectuels sur le « sens de l’histoire » ou « comment lutter contre le capitalisme », pas plus qu’il ne s’attache à réfléchir sur la « défense des libertés publiques et individuelles » ni sur le « rapport Nord/ Sud ». Non mon Parti, notre Parti, « fait avec », il fait avec le capitalisme, il fait avec les restrictions aux libertés publiques et individuelles en bref il se fait trimballer par l’Histoire plus qu’il n’agit sur elle.

Mais même si le PS n’est plus un Parti de transformation sociale, est-il au moins un Parti de gauche qui attire les foules ? Là aussi, le constat est terrible, notre Parti non seulement a perdu les « nouveaux adhérents » mais il continue à perdre des militants qui n’y trouvent plus leur compte et il n’arrive pas à en attirer de nouveaux. Le résultat en est un parti dont la moyenne d’âge dépasse allègrement les 50 ans et qui ne représente pas du tout la diversité de la société française. En effet, le PS est un parti de blancs, de fonctionnaires, d’hommes, de plus de 50 ans. Moi-même je remplis trois des quatre critères. Il est clair qu’avec un tel profil le PS ne peut s’adresser aux français sans être en décalage avec ce que vivent bon nombre de citoyens.

Sans idéologie et même sans idées, avec des militants aussi nombreux que le PS belge pour 4 fois moins d’habitants, le PS peut quand même compter sur un atout : ses élus. Je parle bien évidemment ici en terme quantitatif. Le PS est un parti d’élus. La spécificité française avec un nombre incroyable de collectivités locales au kilomètre carré, le cumul des mandats qui est un véritable sport national, l’absence de débats d’idées ainsi que le faible nombre de militants fait que les élus sont sur-représentés au sein du Parti. Les sections ne débattent plus de rien mais sont uniquement là pour servir de local à la préparation des élections. De plus, ces sections sont très proches, au niveau de leur mode de fonctionnement, des groupes de supporters des clubs de football (le nombre et l’animation en moins). Elles sont là autour d’une personnalité locale, faisant bloc, ne se posant pas trop de question sur « le pourquoi du comment ». Le PS est en fait une holding politique s’apparentant très fort à une machine électorale comme cela est le cas aux Etats-Unis d’Amérique par exemple.

Alors pourquoi rester ? L’amour du Parti, tel qui l’a été, à savoir un Parti où certes les ambitieux existaient, mais où les débats étaient présents, se conjugue avec l’espoir qu’il redevienne un Parti de transformation sociale. Le combat contre cette droite « bling bling » me fait également rester dans ce parti. Mais je dois avouer que la raison pour laquelle j’ai décidé de rester, cette année encore, au PS, réside dans l’annonce faite par Mme Royal d’en prendre éventuellement la tête.

En effet, si je veux que mon Parti arrête de dériver comme il le fait, je sais que mon vote lors du prochain Congrès sera important tout simplement pour éviter que cette camarade en aggrave les maux en en prenant la tête!!

Francesco Maldini du Collectif Boca Juniors

Communiqué de Marc DOLEZ, Député P.S. du Nord

Je juge déplorable la position du groupe Socialiste de l’Assemblée Nationale, annoncée ce jour, de boycotter la réunion du congrès de Versailles, le 4 février, pour la révision de la Constitution préalable à la ratification du Traité Européen.

 

Alors qu’en votant non à la révision de la Constitution, où la majorité des 3/5 est requise, les parlementaires de gauche peuvent imposer au Président de la République le référendum dont il ne veut pas, le boycott revient à renier les engagements pris et à se rendre complice de cette forfaiture qui consiste à faire adopter par le parlement un projet de traité précédemment repoussé par le peuple.


Profondément attaché au respect de la souveraineté populaire, je refuse pour ma part de cautionner cette indigne complicité et me rendrai donc, le 4 février, au congrès de Versailles pour voter non.

Les tartuffe !

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Les députés socialistes voteront le traité simplifié européen mais n'iront pas au Congrès du Parlement à Versailles pour adopter le projet de loi modifiant la Constitution et préalable à la ratification du traité, a déclaré Jean-Marc Ayrault.

"Nous voterons le traité simplifié européen parce que ses acquis sont supérieurs à ses insuffisances et parce qu'il est enfin une chance de sortir l'Union de sa paralysie politique", a déclaré le président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) de l'Assemblée nationale lors de la présentation de ses voeux à la presse.

L'absence des parlementaires socialistes à Versailles n'empêchera pas l'adoption de la réforme puisque ne sont pris en compte que les suffrages exprimés.

Voilà les comédiens obséquieux

ffc22ac0dedf93fb0645b4a53310fcb2.jpgCertains socialistes prônent ne pas se rendre à l’Assemblée de Versailles. La droite n’attend que ça des socialistes !!

 Qu’ils collaborent comme des tragicomédiens. Le pouvoir Sarkozyste sera très très content que les socialistes aient non pas une réaction citoyenne, mais une réaction de vierges effarouchées théâtralisé

Ne pas se rendre à l’Assemblée Nationale, voter NON à cette révision de la Constitution revient à s’auto éliminer politiquement parlant. C’est exactement ce que Sarkozy attends des socialistes obséquieux !

Prétendre « boycotter » par absence est débile. Pire c’est l’attitude de « collabo » que Sarko attends. Il ne veut pas que les élus socialistes se montrent défiants à son injonction. Juste qu’ils fassent comédie et ensuite il votent avec lui pour consacrer un Traité qu’installe les mécanismes du néolibéralisme au cœur de l’appareil politique européen

Nous ne serons pas dupes d’une façon aussi stupide de se faire tomber soi même dans le piège

Nous -citoyens- attendons une attitude citoyenne des nos élus. Tous les élus de gauche doivent être là pour s’opposer au pouvoir actuel. Nous les citoyens ne sommes pas dupes

L’Histoire le sera encore moins.

A. Espinoza

17/12/2007

Diaporama sur le Traité de Lisbonne

Le peuple a voté Non en mai 2005; en 2008 il revient, mais ne sera pas soumis au peuple !
Seul le Parti Socialiste peut s'opposer à ce grave déni de démocratie ( voir explication dans le doc-joint): c'est comme cela, il faut en prendre acte.
  • Pas une minute à perdre, le 4 février  prochain, les jeux seront faits!
  • L'action de chacun compte pour que le PS fasse respecter et respecte lui-même le vote du peuple souverain !

Il s'agit ici de la défense de la démocratie !

 

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05/12/2007

Appel pour que le PS se mette au travail et qu'il s'ouvre à tous ceux qui veulent construire une Nouvelle donne à gauche...

e399d65fcb59b97d816a01cb79408528.pngNous ne pouvons pas rester sans agir.
La gravité de la crise sociale et l'injustice des politiques mises en oeuvre par le gouvernement Sarkozy-Fillon, rendent de plus en plus insupportable l'incapacité de la gauche à construire une alternative.

"Qu'est-ce qu'ils foutent les mecs du PS ? Elle est où l'opposition ?" demandait Josiane Balasko début novembre. Josiane Balasko n'est pas au PS mais elle a raison d'interpeller Solférino.
Que nous soyons militants PS ou non, vu l'importance du PS dans le paysage politique français, nous savons qu'il n'y aura pas de sursaut de l'ensemble de la gauche ni de réelle perspective de progrès social, si le PS ne change pas.

30 ans de crise, 3 millions de chômeurs, des millions de précaires et des millions de salariés qui subissent un stress de plus en plus pénible, 3 défaites aux élections présidentielles, que faut-il de plus aux dirigeants des partis de gauche pour se mettre au travail ?

Les statuts du PS indiquent que "deux fois par an" une Convention doit être organisée pour approfondir une partie du projet des socialistes. Depuis le 21 avril 2002, le PS aurait donc dû tenir 10 grandes Conventions. Il n'y en a eu aucune ! Aucun débat de fond en 5 ans, voilà l'une des causes majeures de la défaite du printemps 2007.

Hélas, six mois après cette nouvelle défaite, rien n'a changé. "Le PS est d'autant plus inaudible qu'il n'est pas en état de proposer des réformes alternatives."1 "Jamais le PS n'a paru aussi mou et fragile."2

Et la situation risque d'empirer après les municipales de mars 2008, avec la préparation d'un congrès qui risque d'être un nouveau Congrès de Rennes, un congrès de déchirements personnels bien plus qu'un temps de reconstruction intellectuelle. La perspective de ce spectacle doit réjouir les dirigeants de la droite mais elle nous navre profondément.

Voilà pourquoi, militants PS ou non-militants PS, nous demandons instamment aux dirigeants socialistes de se mettre au travail et d'organiser dès le début 2008 une grande Conférence qui aurait un triple objectif :
1 > Construire un nouveau contrat social.
En 1982, à Waasenar aux Pays-Bas, les partenaires sociaux ont pris quelques mois pour négocier un nouveau contrat social : temps de travail, formation, fiscalité, aides aux PME, code du travail, politique de recherche, indemnisation des chômeurs, financement des retraites... Tout a été mis sur la table, sereinement, afin d'arriver à un ensemble de propositions qui a permis, en quelques années, de diviser par deux le chômage et la précarité.
De même, en France, au bout de 30 ans de crise, le PS doit réunir économistes, syndicalistes et chefs d'entreprises, élus et militants de toutes les forces de gauche, pendant deux ou trois mois, afin de construire un nouveau contrat social.
2 > Clarifier les régulations nécessaires au bon fonctionnement de l'Union européenne.
La France va prendre en juillet 2008 la Présidence de l'Union européenne. C'est aussi en 2008 que seront revus le budget de l'Union, sa Politique de recherche et sa Politique agricole. En travaillant avec ses alliés des 27 Etats membres, le PS doit faire émerger les propositions les mieux à même de faire de l'Europe un espace de compétitivité économique, de développement durable et de bien-être social.
3 > Définir de nouvelles régulations monétaires, financières et commerciales au niveau international.
Vu la gravité des déséquilibres actuels (la dette totale américaine représente 230 % du PIB -contre 140 % en 1929- et une grande part de la croissance chinoise vient de la consommation américaine), nous ne pouvons pas attendre qu'éclate une nouvelle crise pour organiser un nouveau Bretton Woods3. Puisque aucun organisme international ne le fait ("il ne faut pas inquiéter les marchés"), pourquoi le PS n'en prendrait-il pas l'initiative ?

Le joli mois de mai 2008

Anniversaire de mai 68 et Congrès du PS... La droite espère que 2008 sera pour la gauche une nouvelle année de divisions et de déchirements. Et si, au contraire, en nous mettant tous ensemble au travail, en construisant un vrai projet et en nous donnant les moyens de le faire connaître du plus grand nombre, nous faisions de 2008 une année de renaissance ?

Au boulot !

Vu la gravité de la crise sociale, vu l'injustice des politiques mises en oeuvre par le gouvernement Sarkozy-Fillon et vu l'urgence qu'il y a à leur opposer une alternative crédible, à la hauteur des enjeux, nous (militants PS et non-militants PS) demandons instamment aux dirigeants du PS de se mettre au travail, dès le début 2008, avec tous ceux qui veulent construire une Nouvelle Donne.
Parmi les premiers signataires : Pierre LARROUTUROU (Délégué national Europe du PS), Patricia ADAM (Députée du Finistère), Béatrice ARRUGA (Vice Pdte Région Centre), Patrick BLOCHE (Député de Paris), Daniel CHANET (Maire de Vendôme), Pierre-Yves COLLOMBAT (Sénateur du Var), Alain DAYAN (Secrétaire régional PS Centre), Nicolas DUBOURG (PS Montpellier), Marie DUCAMIN (PS Rennes), Josette DURRIEU (Sénatrice des Hautes Pyrénées), Geneviève GAILLARD (Députée des Deux Sèvres), Jean-Patrick GILLE (Député d'Indre et Loire), Géraud GUIBERT (Secrétaire National Environnement du PS), Alain HUARD (Conseiller Général de l'Eure), Patrice JOLY (Premier fédéral de la Nièvre), Georges LABAZEE (Vice-Pdt Aquitaine), Jean LAUNAY (Député du Lot), Jérôme LAMBERT (Député de Charente), Claudy LEBRETON (Pdt du Conseil Général des Côtes d'Armor), Jean-Yves LE DEAUT (Député de Meurthe et Moselle), Michel LEFAIT (Député du Pas de Calais), Eric LOISELET (Premier fédéral de Haute Marne), Frédéric MAURAU (responsable NPS Aveyron), Frédéric PAIN (Délégué Nal Santé du PS), Claude SAUNIER (Sénateur des Côtes d'Armor), Frédéric TRICOT (Délégué régional PS Région Centre), François VAUGLIN (Secrétaire section PS Paris 11), André VANTOMME (Sénateur de l'Oise).
 
1. Le Monde, 10 octobre 2007
2. Le Nouvel Observateur, 4 octobre 2007
3. A Bretton Woods, en 1944, les meilleurs économistes de la planète se sont réunis durant trois semaines pour comprendre les causes de la crise de 1929 et définir des règles du jeu évitant qu'une telle crise ne se renouvelle. Les règles de Bretton Woods ont assuré 30 ans de stabilité avant d'être progressivement mises à bas.
 

 

Pierre Larrouturou : «L’hyperlibéralisme nous conduit dans le mur»

Parler de l’effondrement du système capitaliste comme vous le faites dans votre livre et dire que la crise de 1929 est devant nous, n’est-ce pas exagéré ?

Comme le dit l’agroéconomiste Lester Brown, nous sommes sur des «trajectoires d’effondrement». Aucune des tendances actuelles n’est durable. C’est vrai de la crise sociale, de la crise financière et, bien sûr, de la crise écologique. Nous sommes au bout d’un système. Il est urgent de construire une alternative globale.

Vous mettez tous les pays occidentaux dans le même sac…

Il y a quelques différences mais la précarité s’est généralisée dans l’ensemble des pays occidentaux. Au Japon, 32 % des emplois sont précaires. En Allemagne, 6,3 millions de salariés n’ont que des emplois à 400 euros (pour 15 heures par semaine). Aux Etats-Unis, le pays du plein-emploi selon Nicolas Sarkozy, il y a tellement de petits boulots que la durée moyenne du travail, sans compter les chômeurs, est tombée à 33,7 heures. La précarité s’installe partout, et même ceux qui ont un emploi stable sont obligés de revoir à la baisse leurs demandes salariales : «Si t’es pas content, va voir ailleurs», remplace souvent toute vraie négociation. Même le FMI, plutôt libéral, explique, dans son dernier rapport, que la part de la richesse qui va aux salaires a fortement baissé dans tous les pays occidentaux : «La baisse atteint 10 % en Europe et au Japon.»

 

Est-ce aussi valable pour la France ?

Depuis vingt-cinq ans, en France, la négociation sur les salaires est tellement déséquilibrée que la part des salaires et cotisations sociales dans le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 11 %. Onze pour cent de chute sur un PIB de 1 800 milliards, ce sont cette année quelque 200 milliards d’euros qui vont rémunérer le capital, alors qu’ils iraient aux salariés si nous avions conservé l’équilibre de 1982. François Fillon dit que, sans réforme, le déficit des retraites sera en 2020 de 1 % du PIB, mais depuis vingt-cinq ans la part des salaires et cotisations a reculé de 11 % du PIB. Bien sûr qu’il faut réformer les retraites, mais l’essentiel est de lutter contre le chômage et la précarité. Si la part des salaires remontait de 6 points, le financement des retraites serait bien plus facile.

Mais la croissance se maintient presque partout…

Au prix d’un endettement sans précédent. Les libéraux passent leur temps à critiquer la dette des Etats. Mais le plus grave c’est sans doute l’envolée de la dette privée, celle des ménages. Dans de nombreux pays, le seul ressort de la croissance est l’endettement des ménages. La crise des crédits subprimes aux Etats-Unis en est une preuve : tout a été imaginé pour pousser les ménages à s’endetter sur des montants incroyablement élevés et sur des périodes extrêmement longues.

Cette crise n’est qu’un début. Aux Etats-Unis, la dette totale des ménages, des entreprises et des collectivités (sans parler du secteur financier) vient de dépasser les 230 % du PIB. En 1929, lors de la dernière grande crise du capitalisme, le même ratio atteignait «seulement» 140 % du PIB. Si on ajoute la dette du secteur financier, la dette atteint 340 % du PIB américain ! Du jamais-vu. Les chiffres sont formels : la croissance européenne, ou américaine, serait négative depuis sept ans si nous n’avions pas fortement augmenté la dette privée.

Le capitalisme ne tiendrait que grâce à l’endettement ?

Oui. Au Japon, aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, au Danemark, en Espagne, en Angleterre, dans tous les pays que les libéraux prennent comme modèle, la croissance se maintient grâce à l’endettement privé. En 2006, la dette des Etats-Unis, hors secteur financier, a augmenté huit fois plus vite que le PIB. Si la crise immobilière américaine se répand dans le reste de l’économie, elle ne sera pas sans effets sur l’économie chinoise et donc sur la situation sociale (déjà tendue) de ce pays. Une grande part de sa croissance vient des exportations vers les Etats-Unis et l’Europe. Si les Etats-Unis tombent en récession, qui peut être sûr que ce qui s’est passé en Allemagne dans les années 30 ne se rejouera pas en Chine, avec Taïwan à la place de l’Alsace-Lorraine ? L’hyperlibéralisme peut nous conduire à la catastrophe. Faut-il attendre que la crise explose pour réagir et construire une alternative ?

Faut-il reprendre les modes de régulation des Trente Glorieuses ?

Il faut moderniser les règles proposées par Keynes, Ford et Beveridge. En 1917, Ford, le patron des automobiles du même nom, expliquait qu’il avait doublé la productivité de ses usines, mais qu’il fallait écouler cette production, qu’il fallait donc des consommateurs avec un vrai pouvoir d’achat. Il expliquait aussi qu’en période de crise les patrons veulent tous baisser les salaires. Mais s’ils baissent tous les salaires, qui achètera la production ? Ford plaidait en faveur de règles collectives, de façon à ce que les salaires augmentent en fonction de la productivité. Mais peu de patrons ont suivi ses recommandations. La crise de 1929 s’explique surtout par un découplage entre la productivité et le pouvoir d’achat des travailleurs.

Plus tard, après la Seconde Guerre mondiale, les recommandations de Ford ont été adoptées, notamment en Europe. Les salaires ont progressé au même rythme que la productivité.

La seconde régulation des Trente Glorieuses est celle de Beveridge, avec l’adoption d’un système de sécurité sociale. Keynes nous a appris que lorsque ces deux régulations ne suffisent pas, l’Etat doit intervenir par le biais de sa politique monétaire et/ou de sa politique budgétaire.

Vous affirmez que la mondialisation n’est pas responsable du chômage ni non plus de la crise sociale.

Depuis 2002, depuis que la Chine est membre de l’OMC, nul ne peut nier l’importance des importations chinoises en Europe. Je propose que l’Europe négocie avec la Chine des montants compensatoires, pour obliger la Chine à respecter d’ici cinq ans les règles du jeu social et environnemental, qu’elle avait officiellement acceptées avant d’adhérer à l’OMC. Mais pour le moment, le chômage en Europe ne s’explique pas par la concurrence des pays à bas salaires : globalement, hors Europe, la balance commerciale de la France est équilibrée ! Plutôt que la mondialisation, ce sont les gains de productivité qui ont détruit des emplois.

On vit une vraie révolution. La France est le pays qui a le plus augmenté sa productivité. En trente ans, l’économie française produit 76 % de plus avec 10 % de travail en moins. Le total des heures travaillées est passé de 41 milliards d’heures à 36,9 milliards par an. Mais en même temps, grâce au baby-boom et grâce au travail des femmes, la population active passait de 22,3 à 27,2 millions de personnes. Le travail nécessaire à l’économie a baissé de 10 %, mais le nombre de personnes disponibles a augmenté de 23 %. Un écart de 33 % s’est creusé entre l’offre et la demande de travail.

Cet écart serait la principale explication du chômage ?

Oui. Si depuis 1974 la durée individuelle du travail avait baissé de 33 %, le chômage serait resté à son faible niveau de 1974. Or la durée réelle du travail a très peu baissé. Du coup, un partage du travail assez sauvage s’est mis en place : 19 millions travaillent plein pot (à 39 heures, en moyenne, avec les heures sup), 4 millions de personnes – les chômeurs – font 0 heure par semaine, et 4 millions sont à temps partiel.

Au moment où les 35 heures sont décriées, vous plaidez pour la semaine des quatre jours…

Les 35 heures étaient déjà dans le programme commun en 1980. Est-ce un horizon indépassable ? 400 entreprises, de tous secteurs, sont déjà passées à quatre jours, avec un financement qui permet de stabiliser la masse salariale sans toucher aux salaires en dessous de 1 500 euros.

Si tous les salariés passent, en moyenne, à quatre jours et si l’entreprise crée au moins 10 % d’emplois en CDI, elle bénéficie d’une exonération des cotisations chômage qui permet d’équilibrer la masse salariale. Selon une étude du ministère du Travail, un mouvement général vers les quatre jours permettrait de créer 1,6 million d’emplois en CDI. Si l’on divisait par deux le chômage, la négociation sur les salaires aurait une tout autre allure. Si l’UMP et le Medef sont tellement hostiles à une forte RTT, c’est parce que, bien négociée, elle serait, à moyen terme, le moyen le plus puissant de faire remonter les salaires. La gauche devrait être plus claire sur ce point.

Après le 21 avril 2002, vous êtes entré au Parti socialiste. Cinq ans plus tard, ce que vous racontez sur le fonctionnement de la Rue de Solferino est accablant.

Soyons clairs. Ce n’est pas ma famille politique que je critique, mais seulement les dix ou les quinze qui squattent Solferino. Leur paresse ou leur aveuglement deviennent scandaleux. Je pensais que le choc du 21 avril serait suffisant pour déclencher des débats de fond. François Hollande m’avait demandé de rejoindre la commission économie du PS, où j’espérais que nous allions vraiment travailler. Hélas, cette commission ne s’est pas réunie une seule fois pendant deux ans. Ne soyez pas étonnés si le PS n’a pas grand-chose à dire sur la fiscalité, les retraites ou encore le chômage.

Difficile d’imaginer que des Strauss-Kahn, Fabius, Hollande ou Royal n’ont aucune analyse critique de la situation…

Les statuts du PS prévoient que nous devrions avoir deux conventions par an pour approfondir une question. Depuis cinq ans, depuis le choc du 21 avril, nous aurions dû avoir dix conventions, dix grands moments de réflexion, sur le chômage, l’éducation, les questions Nord-Sud, l’environnement… Nous n’en avons eu aucune !

Pas une seule convention depuis cinq ans, est-ce un élément d’explication de la défaite du PS aux présidentielles ?

C’est la principale explication. Ségolène Royal aurait dû s’appuyer sur un projet du PS. Je suis délégué national chargé de l’Europe depuis deux ans. Mais je n’ai pas eu une seule heure de travail avec Hollande ou Moscovici sur les questions européennes. Et je raconte dans mon livre que quand les dirigeants socialistes allemands viennent à Solferino pour réfléchir à une relance de l’Europe nous n’avons rien à leur dire, car nous n’avons rien préparé…

Ce refus du débat manifesté par Solferino est d’autant plus scandaleux que jamais les élus locaux, les militants, les associations et les universitaires n’ont «fourni» autant de matière pour construire un projet crédible.

En s’ouvrant à tous ces acteurs, le PS aurait pu, assez facilement, dessiner les contours d’une nouvelle société. Hélas, pendant cinq ans, François Hollande a refusé tout débat de fond. Il faudra un jour qu’il s’en explique.

Rien de changé depuis l’élection de Sarkozy ?

J’ai sous les yeux le programme du «grand forum de la rénovation», que la direction du PS organise le 15 décembre. Le menu est alléchant : «Les socialistes et le marché. Quels modèles de croissance justes et durables aujourd’hui ? Une stratégie économique nationale et européenne offensive pour un socialisme moderne.» Hélas, le grand forum commence à 10 heures et il s’achève à… 13 heures ! Trois heures de débat pour actualiser l’ensemble du projet économique du PS. Je suis peut-être un peu lent intellectuellement, mais je ne suis pas totalement certain que trois heures soient suffisantes pour actualiser notre projet économique.

Aucune convention thématique en cinq ans. Des grands forums qui durent à peine trois heures… «C’est du sabotage. Du foutage de gueule», explosait l’autre jour un militant du sud de la France.

Cela devient tellement caricatural que je ne comprends pas ce que l’équipe de Solferino a dans la tête. Je constate seulement que de plus en plus de militants et d’élus qui jusque-là la soutenaient disent que ce refus du débat devient inacceptable. Insupportable.

Hier, j’ai entendu à la radio que deux médecins sont traduits en justice pour non-assistance à personnes en danger. Je pense que s’ils s’obstinent à ne rien faire, certains dirigeants du PS pourront être un jour poursuivis pour non-assistance à peuple en danger. Non-assistance à civilisation en danger.

C’est une appréciation grave…

J’assume mes propos. Je critique le fonctionnement d’une équipe sans juger telle ou telle personne.

Il y a deux semaines, lorsqu’elle défendait les sans-abri, Josiane Balasko poussait un coup de gueule en demandant : «Qu’est-ce qu’ils foutent les mecs du PS ?» Je me pose la même question. Comme tous les rocardiens, je connais les défauts de Mitterrand, mais il avait l’obsession de construire une Europe forte. Aujourd’hui, qu’est-ce qui motive réellement les principaux dirigeants du PS ? Education, chômage, dérèglement climatique, relations Nord-Sud… Qu’est-ce qui les empêche de dormir ? Pourquoi font-ils de la politique ? Je ne sais pas.

Que faites-vous pour faire bouger les lignes au sein de ce PS que vous décrivez amorphe ?

Avec douze parlementaires, des premiers fédéraux, des élus et des militants, nous lançons une pétition pour que le PS se mette enfin au boulot, et qu’il s’ouvre à tous ceux qui veulent construire le progrès social (1). Les statuts du PS sont clairs : si nous recueillons 5 000 signatures de militants PS ou 50 000 de citoyens non-PS, la direction sera obligée de nous écouter. La gauche se remettra au travail.

Les idées de gauche sont plus complexes que celles de droite. «En période de crise, il faut que chacun travaille plus. Et les Noirs, il faut qu’ils rentrent chez eux.» Un message de ce style passe bien en trente secondes à la télé. Ça parle au cerveau reptilien, à ceux qui veulent de la castagne. Les idées de gauche sont moins intuitives. Il faut plus de temps pour les expliquer.

Si la gauche attend 2011 pour se mettre au travail, alors nous sommes sûrs de nous prendre encore une veste. C’est en 2008 qu’il faut se mettre au boulot.

(1) La pétition est sur www.nouvellegauche.fr

Source : liberation.fr 

28/11/2007

Vers des Etats généraux de toutes les forces de transformation sociale. Par Marc Dolez

Vers des Etats généraux de toutes les forces de transformation sociale Le forum organisé par « Maintenant à gauche ! », le 24 Novembre à Paris, a été d’un grand intérêt.

Les débats ont confirmé l’objectif, largement partagé, de faire converger l’ensemble de la gauche de transformation sociale.

Dans cette perspective, il a été notamment convenu :

- d’organiser en 2008 des Etats Généraux de toutes les forces de transformation sociale et de mettre en place un comité unitaire de préparation qui garantisse le pluralisme et l’ouverture de cette grande initiative.
- d’initier partout des espaces des débats avec le type de démarche que « Maintenant à gauche ! » a mis en œuvre pour ce forum.
- de saisir toutes les occasions de mobilisation sociale pour proposer et débattre des alternatives nécessaires et de faire de la campagne pour l’exigence d’un référendum sur le nouveau traité européen un axe fort de l’action commune de la gauche de transformation.

Avec ces propositions, il nous appartient désormais de créer la dynamique permettant de réunir les conditions pour la construction d’une nouvelle force politique à gauche.

Pour ma part, j’entends m’y impliquer pleinement. Ci-après le texte de mon intervention lors de ce forum.

Marc DOLEZ


"Mes chers camarades,

Pour rentrer immédiatement dans le vif de mon propos, je dirai qu’il y a urgence à enclencher le processus de construction d’une nouvelle force politique à gauche, urgence dictée à la fois par la situation politique et sociale, dont nous partageons largement l’analyse, et par l’état actuel de la gauche.

La construction de cette nouvelle force politique est en effet indispensable pour porter le projet de transformation sociale, que je crois aussi nous appelons largement de nos vœux, pour imposer majoritairement à gauche la rupture avec toutes les politiques économiques menées depuis 25 ans, c'est-à-dire depuis le tournant libéral de 1983.

Avant de s’avoir avec qui construire cette nouvelle force, il faut d’abord répondre à la question : pour quoi faire ?

Nous y avons répondu pour l’essentiel dans le courant de la journée, ce qui exclut de construire une chapelle de plus tout comme l’idée d’un parti de toute la gauche qui irait des communistes au Modem !

Cette nouvelle force a donc vocation à rassembler toutes les forces de la transformation sociale, qui peuvent venir d’horizons différents : républicains, communistes, écologistes, altermondialistes, féministes… et bien sûr socialistes.

A cet égard, et s’il était besoin de vous rassurer, je vous indique qu’au Parti Socialiste il y a beaucoup de militants qui ne se résignent pas et qui ne renoncent pas, beaucoup de militants qui veulent lutter contre le capital et son système.

S’ils n’ont pas encore renoncé à se battre à l’intérieur du Parti Socialiste, beaucoup, dont je suis, ne se font plus guère d’illusions sur la possibilité d’enrayer sa mutation en parti démocrate